Le brief d'une page qui donne une vidéo utilisable du premier coup, et les consignes qui gâchent la prise.

Une page, pas trois

C'est la règle qui fait la différence entre un brief appliqué et un brief survolé.

Un brief long n'est pas plus précis, il est plus facile à mal lire. Ce qui compte tient sur un écran : le produit, la chose à prouver, le format, la durée, ce qu'il ne faut pas faire, la date.

Deux gestes. Mettez tout ce qui est contractuel dans un document séparé, et gardez le brief pour ce qui se filme. Et écrivez les phrases à l'infinitif ou à l'impératif, jamais en paragraphes.

Nommez la seule chose que la vidéo doit montrer

C'est l'erreur la plus coûteuse : demander trois preuves dans une seule vidéo.

Une vidéo prouve une chose, et une seule. La rapidité, ou la résistance, ou la simplicité, ou le prix, jamais les quatre.

La méthode : écrivez cette phrase en tête du brief, en une ligne, commençant par « à la fin de la vidéo, la personne doit croire que… ». Si vous n'arrivez pas à la finir en une ligne, c'est qu'il faut deux vidéos, et deux briefs.

Isolez les mentions obligatoires

C'est ce qui sauve la prise et la conformité en même temps.

Les mentions imposées ne doivent jamais être noyées dans le texte du brief : elles se mettent dans un encadré à part, avec la formulation exacte à prononcer ou à afficher, mot pour mot.

Trois précisions à donner : si la mention est parlée ou écrite, à quel moment elle doit apparaître, et combien de temps elle reste à l'écran.

Les mentions applicables dépendent du produit et du canal, et se vérifient avec un juriste avant le tournage, pas au montage.

Dites ce qui se passe pour les révisions

C'est la source numéro un de tension après livraison.

Trois lignes suffisent : combien de retouches sont incluses, ce qui compte comme retouche, et ce qui devient une nouvelle prestation.

Une règle utile : une demande qui oblige à refilmer n'est pas une retouche. Écrivez-le avant, pas après.

Ce qu'il faut ajouter et que personne n'écrit

Quatre éléments qui font gagner une journée entière.

Le nom exact du produit tel qu'il doit être prononcé, avec la prononciation si elle prête à confusion.

Les mots interdits : ceux de la concurrence, ceux qui promettent un résultat, et ceux qui sonnent faux localement.

Le rendu attendu : format vertical, marges à laisser libres pour les sous-titres, son d'origine conservé ou non.

Et un exemple de ce que vous ne voulez pas. Un contre-exemple est plus efficace que trois références.

Ce qu'un brief doit contenir pour éviter une reprise

LigneCe qu'elle éviteLongueur
Le produit exact et sa référenceUn tournage du mauvais modèleUne ligne
La phrase interditeUne reprise complèteUne ligne
Les formats et le nommageUn export à refaireDeux lignes
La date et le canal de livraisonUn retard non vuUne ligne

Ce qui se met en annexe, pas dans le brief

La charte, les mentions légales et les exemples de référence. Le brief tient sur une page, le reste s'attache et se consulte au besoin.

Ce qui se demande au créateur avant qu'il ne tourne

Un plan large du décor et la première phrase du script. Deux minutes de vérification évitent une journée de tournage à refaire.

Le test avant d'envoyer

Deux vérifications, deux minutes.

Faites lire le brief à quelqu'un qui ne connaît pas le produit et demandez-lui ce qu'il filmerait. Si sa réponse ne correspond pas, le brief n'est pas clair.

Puis relisez-le en vous demandant, pour chaque phrase, si elle décrit ce qui doit être filmé ou seulement ce que vous aimeriez ressentir. Tout ce qui relève du ressenti se coupe : ce n'est pas filmable, et cela occupe la place des consignes utiles.