Embaucher quelqu'un pour filmer en interne paraît moins cher par vidéo. Ce que ce calcul oublie.
Ce que le coût par vidéo oublie
Cinq coûts absents du calcul.
Le temps réel d'une vidéo, préparation et montage compris, qui occupe une demi-journée d'une personne payée à plein temps.
Le coût des essais : les premières semaines produisent peu de matériel utilisable.
Le coût d'opportunité, c'est-à-dire ce que cette personne ne fait pas pendant ce temps.
Le matériel, les logiciels et l'espace de tournage, qui deviennent nécessaires dès que le rythme augmente.
Et le coût de l'usure, traité plus haut, qui n'apparaît sur aucune ligne budgétaire.
Une seule personne, un seul visage
Quatre limites structurelles.
Un seul visage ne peut pas représenter plusieurs publics, or une campagne en demande souvent trois.
Un seul lieu de tournage produit des vidéos qui se ressemblent toutes, ce qui accélère la lassitude.
Une seule voix et un seul accent, alors que le pays est vaste et que les usages linguistiques varient.
Et une absence, un congé ou un départ arrête toute la production d'un coup.
Ce que l'interne fait vraiment bien
Cinq domaines où il est supérieur.
Le contenu de service : horaires, expédition, réponse à une question fréquente.
L'atelier et la fabrication, que personne d'autre ne peut filmer.
L'urgence : une rupture de stock, une information à corriger le jour même.
Les tests de format à faible enjeu, avant d'engager un budget.
Et la connaissance des questions clients, matière première de tous les scripts.
Le seuil de volume
Trois repères pour décider.
En dessous de quatre vidéos par mois, l'interne coûte plus cher qu'il ne rapporte, parce que la personne n'est pas occupée.
Entre quatre et une dizaine, la question dépend de ce que cette personne fait le reste du temps.
Au-delà, la contrainte n'est plus le coût mais la variété : il faut plusieurs visages, ce que l'interne ne fournit pas.
Une remarque : le seuil ne se mesure pas en vidéos produites, mais en vidéos utilisables et diffusées. Beaucoup d'équipes internes produisent beaucoup et publient peu.
Ce que chaque option apporte au volume
| Besoin | Une équipe interne | Des créateurs externes |
|---|---|---|
| Dix vidéos par mois | Sous-utilisée | Bien dimensionné |
| Cinquante vidéos par mois | Rentable | Coordination lourde |
| Un pic ponctuel | Impossible à absorber | Absorbé en une semaine |
Ce qui coûte plus que le tournage
La coordination. Au-delà de dix créateurs simultanés, il faut quelqu'un dont c'est le métier de suivre briefs, envois et validations, sinon la qualité tombe.
Ce qui se teste avant de trancher
Deux mois de production externe, puis un calcul honnête : coût par vidéo livrée, temps interne consommé, et taux de vidéos réellement diffusées. Le troisième chiffre est celui qu'on oublie.
La version qui fonctionne généralement
Une répartition applicable dès le premier mois.
L'interne produit deux à quatre pièces par mois : service, fabrication, réponses aux questions.
L'externe produit les variantes destinées à la publicité, avec plusieurs visages différents.
L'interne écrit les briefs, parce qu'il connaît les clients.
L'externe livre les fichiers bruts en plus des montages, pour produire des variantes sans nouveau tournage.
Et la sélection des angles, la validation de ce qui peut être dit et l'archivage des droits restent en interne, quoi qu'il arrive.
Un dernier repère : la question n'est pas de savoir qui filme le moins cher, c'est de savoir combien de visages différents votre publicité consommera cette année. Si la réponse est un seul, l'interne suffit. Si elle est trois ou plus, aucun poste salarié ne remplacera un vivier.



