Combien de vidéos met-on dans une formule, et qu'est-ce qui la distingue de la suivante ? C'est la question qui bloque la plupart des créateurs au moment de publier leurs offres, et elle est mal posée. Une formule ne se distingue pas par une quantité. Elle se distingue par ce qu'elle autorise la marque à faire de ce qu'elle reçoit.

Le prix vient après, et il a son propre guide : les tarifs du créateur UGC en France. Ce qui suit décide de ce que vous vendez, pas de combien.

Ce qu'une offre tranche avant de parler de prix

Trois choses doivent être décidées avant d'écrire le moindre montant : ce que la marque reçoit, ce qu'elle a le droit d'en faire, et pendant combien de temps.

La première est facile, tout le monde la traite. Les deux autres sont celles qui font qu'une même livraison peut valoir du simple au triple, et ce sont celles que les fiches d'offre laissent vides. Une formule qui annonce des vidéos sans dire ce qu'on peut en faire oblige la marque à demander, et une marque qui doit demander compare pendant ce temps-là.

Trois formules, et pourquoi pas cinq

Une grille se lit en quelques secondes. Au-delà de trois lignes, la lecture devient une comparaison, et une comparaison ralentit la décision au lieu de l'accélérer.

Trois formules suffisent quand elles répondent à trois intentions d'achat différentes : essayer, équiper une campagne, s'installer dans la durée. C'est la différence entre une grille et un catalogue. Un catalogue laisse la marque construire elle-même son besoin ; une grille le lui propose déjà construit.

L'erreur classique consiste à faire varier la seule quantité : une vidéo, trois vidéos, cinq vidéos. Cela ne crée pas trois offres, cela crée trois fois la même offre à trois prix. La marque qui hésite entre trois et cinq vidéos n'hésite pas sur ce qu'elle achète, elle hésite sur son budget, et vous venez de transformer votre grille en discussion de prix.

Ce qui se vend avec la vidéo : la fenêtre d'usage

Voici l'axe qui sépare réellement trois formules. Une vidéo livrée n'est pas un objet, c'est un droit d'utilisation, et ce droit a trois dimensions.

La durée

Combien de temps la marque peut-elle diffuser la vidéo. Une diffusion de quelques mois et une diffusion de plusieurs années n'engagent pas la même chose de votre côté : pendant toute la période, votre visage ou votre voix portent le produit, et vous ne pouvez pas tourner la même chose pour un concurrent.

Le territoire

Où la vidéo est diffusée. Une marque qui vend en France et une marque qui pousse la même vidéo sur cinq marchés n'achètent pas la même chose, même si le fichier livré est identique.

Les supports

C'est la dimension la plus souvent oubliée et la plus coûteuse quand elle l'est. Un compte de marque, une fiche produit, une campagne payante, un affichage en magasin : ce sont des usages différents, avec des audiences et des valeurs différentes. Une formule qui dit seulement « réseaux sociaux » laisse la question ouverte le jour où la vidéo passe en publicité.

FormuleCe qu'elle contientCe qu'elle ne contient pasFenêtre d'usage annoncée
Essaiune vidéo, un montage, une révisionla diffusion payante, les déclinaisonsorganique, quelques mois, un pays
Campagneplusieurs vidéos, déclinaisons de formatl'affichage en magasin, l'exclusivitéorganique et payant, un an, un pays
Duréetournages répartis, formats variésla cession illimitéeorganique et payant, un an, plusieurs pays

À l'inverse d'une grille bâtie sur des quantités, une grille bâtie sur la fenêtre d'usage se défend sans négocier : la marque voit ce qu'elle paie en plus, et elle peut choisir de ne pas le payer.

Ce que la fenêtre annoncée doit ensuite devenir dans le contrat est un sujet à part entière, traité par la cession de droits d'auteur dans un contrat UGC. Une offre annonce une intention commerciale ; c'est le contrat qui l'écrit en droit, et les deux doivent dire la même chose.

Ce qui reste une option, et ce qui n'en est jamais une

Une option est un élément que la marque peut vouloir ou non sans que la commande change de nature. Tout le reste appartient à la formule.

Les révisions, qui se comptent

Un nombre de retouches annoncé protège les deux côtés. Sans lui, la limite se négocie au moment le plus défavorable, c'est-à-dire quand la vidéo est déjà tournée. Deux allers-retours inclus et les suivants facturés est une règle lisible ; « jusqu'à satisfaction » ne l'est pas.

Ce qui se facture à part

Les déclinaisons de format, la voix off en langue étrangère, les sous-titres incrustés, le déplacement, l'usage du produit sur une longue période, l'extension de la fenêtre d'usage. Chacun a un coût réel de votre côté.

À l'inverse, deux choses ne doivent jamais devenir des options : la livraison des fichiers dans une qualité utilisable, et le respect de la fenêtre annoncée. Ce sont les fondations de l'offre. Les transformer en suppléments donne l'impression que la formule de base est incomplète.

Écrire une offre qu'un service achats peut valider

Une fois la commande décidée, la vidéo ne se paie pas toute seule : quelqu'un doit transformer votre intitulé en ligne de commande interne. Plus cet intitulé est précis, moins le dossier revient vers vous.

Un libellé qui fonctionne contient quatre éléments et tient sur une ligne : la nature de la prestation, la quantité, la fenêtre d'usage, le délai. « Production de trois vidéos verticales, usage organique et payant, France, douze mois, livraison sous quinze jours » se recopie tel quel. « Pack Campagne » ne se recopie pas.

C'est une habitude gratuite qui change la vitesse de traitement d'une commande, et elle a un effet secondaire utile : en écrivant le libellé, vous vérifiez que votre propre formule est complète.

Faire évoluer ses formules sans casser les commandes en cours

Les offres publiées ne sont pas gravées, mais elles engagent ce qui a déjà été accepté. Trois règles suffisent.

D'abord, une commande en cours reste régie par l'offre telle qu'elle était au moment de l'accord, même si la grille change le lendemain. Ensuite, une hausse s'applique aux nouvelles demandes, jamais rétroactivement à un devis déjà envoyé et encore valide. Enfin, un client récurrent se prévient avant, pas après : la relation vaut plus que l'écart de prix sur une commande.

L'objection qu'on entend ici est qu'annoncer un changement fait fuir. C'est l'inverse qui se produit le plus souvent : ce qui fait fuir, c'est de découvrir un nouveau tarif dans un devis sans explication. Une phrase envoyée quinze jours avant transforme une surprise en information.