Une vidéo de bien meurt le jour où le bien se vend, et tout le monde le sait en la tournant. Facturez-la ainsi, ou vendez plutôt ce qui survit.
Deux commandes sous un seul mot
Le bien, qui est périssable
La vidéo d'un appartement a une durée de vie connue à l'avance : quelques semaines, parfois quelques jours. Elle sera retirée sans préavis, et personne ne vous préviendra. C'est une production, pas un investissement, et elle doit être facturée comme telle, au tournage et au montage, sans étalement dans le temps.
L'agence, qui ne l'est pas
Tout ce qui parle de l'agence, de sa méthode, de son secteur et de ses personnes reste utile pendant des années. Ce sont deux commandes distinctes, avec deux prix, deux durées de droits et deux façons de tourner, alors qu'elles sont presque toujours réunies sous le seul mot vidéo.
Ce qui ne vous appartient pas
Sept éléments à cadrer avant de tourner, dont plusieurs surprennent.
Le bien lui-même, dont l'accès dépend du propriétaire et non de l'agent.
Les parties communes, qui relèvent de l'immeuble.
Les personnes présentes, y compris les voisins de passage.
Le mobilier appartenant à un occupant, qui n'a pas nécessairement donné son accord.
Les oeuvres et objets décoratifs visibles, dont l'image peut être protégée.
Les enseignes commerciales dans le quartier, à filmer avec prudence.
Et la musique, dont les droits pour un usage commercial se vérifient avant montage.
Les phrases que vous ne devez pas écrire
Sept formulations à laisser à l'agence, dont le cadre exact se vérifie auprès de l'autorité compétente et avec un juriste.
Toute affirmation sur la surface, la construction ou l'état du bien.
Toute mention de rendement, d'investissement ou de valorisation future.
Toute promesse sur les délais administratifs ou l'obtention d'un financement.
Toute description du voisinage susceptible d'écarter une catégorie de personnes.
Toute comparaison avec un autre bien du marché.
Les mentions professionnelles obligatoires, qui appartiennent à l'agence.
Et le prix, qui change et qui périme la vidéo plus vite que tout le reste.
Ce qui survit à la vente
Six ensembles d'images à tourner systématiquement.
Le quartier, traité plus haut, filmé à pied et à hauteur d'oeil.
La présentation de l'agent, en trente secondes et en une seule prise.
Les gestes du métier : ouvrir, mesurer, expliquer, remettre les clés.
Les commerces et services autour, sans enseigne trop visible.
Les extérieurs de saison, à refaire une fois par an.
Et les témoignages d'anciens clients, avec accord écrit, qui valent pour toute l'agence.
Comment facturer une vidéo périssable
Six règles de tarification propres à cette catégorie.
Facturer la production intégralement au tournage, sans lier le paiement à la vente.
Séparer sur le devis la vidéo du bien et la bibliothèque de l'agence.
Fixer une durée de droits courte pour le bien, longue pour l'agence.
Prévoir explicitement le cas du bien vendu avant diffusion, qui arrive souvent.
Facturer un supplément pour la seconde visite, que les agences demandent régulièrement.
Et proposer un abonnement mensuel plutôt qu'une commande à l'unité, ce qui correspond au rythme réel des agences.
En faire une relation
L'agent change de maison et vous emmène
Dans cette profession, les personnes bougent plus que les enseignes. Un agent satisfait qui change d'agence emporte ses prestataires avec lui, y compris son vidéaste, parce qu'il connaît déjà le rythme, le prix et la qualité. C'est pour cela que la bibliothèque personnelle de l'agent, sa présentation, ses gestes, son visage, vaut mieux qu'une commande de vingt biens : elle appartient à quelqu'un qui vous emmènera ailleurs.
Le tournage qui produit les deux commandes
Six réglages d'organisation pour repartir avec tout.
Prévoir vingt minutes de plus que le temps annoncé, réservées au quartier et à l'agent.
Tourner d'abord le bien, tant que l'accès est ouvert.
Filmer l'agent dehors, jamais dans le salon du bien.
Enregistrer sa présentation deux fois, une version courte et une longue.
Noter précisément ce qui a été tourné, pour pouvoir le revendre plus tard.
Et livrer la bibliothèque séparément, dans un dossier distinct de celui du bien.
Ce qui se filme dans un bien
| Séquence | Ce qu'elle prouve | La règle |
|---|---|---|
| L'entrée et le passage d'une pièce à l'autre | Le volume et la circulation | Un plan continu |
| Chaque pièce entière | Les proportions réelles | Aucun objectif déformant |
| L'extérieur et l'accès | L'environnement | Aucun voisin identifiable |
Ce qui se règle avant le rendez-vous
L'accord écrit du propriétaire, l'absence d'occupants pendant le tournage, et le retrait des objets personnels. Un bien habité se filme avec l'accord explicite des habitants.
Ce qui ne s'annonce jamais sans document
Une surface, un diagnostic, une charge de copropriété ou une performance énergétique. Chacune se lit sur un document officiel, à confirmer avec le professionnel qui détient le mandat.
Ce qui change pour une location
Cinq différences par rapport à la vente.
La durée de vie est encore plus courte, parfois quelques jours.
L'occupant actuel est souvent présent, ce qui change les autorisations nécessaires.
Le meublé se filme différemment du vide, la question étant l'usage immédiat.
Les charges et conditions ne se disent jamais dans la vidéo, elles appartiennent à l'annonce.
Et la saisonnalité est forte, ce qui permet de vendre un abonnement calé sur les périodes de rotation.
Un dernier repère : au Portugal, un créateur qui ne filme que des biens recommence à zéro chaque mois. Celui qui repart de chaque tournage avec vingt minutes d'images d'agence et de quartier construit un catalogue qui se revend, et se retrouve à facturer la même journée deux fois.



