Une démonstration ne se juge pas sur ce qu'elle explique. Elle se juge sur ce qu'elle prouve.

La structure qui fonctionne

Quatre temps, toujours dans le même ordre.

Le problème, montré et non annoncé : la tache, le désordre, l'objet cassé, la difficulté.

Le produit qui entre dans le cadre, sans présentation, comme on prend un objet sur une étagère.

Le geste, filmé en entier.

Et le résultat, tenu à l'image assez longtemps pour être vérifié.

L'erreur habituelle est de commencer par le produit. Personne ne regarde une solution avant d'avoir reconnu le problème comme le sien.

Le point de vue décide de tout

Filmez ce que voit la personne qui utilise, pas ce que voit un spectateur assis en face.

La caméra placée au-dessus de l'épaule, dans l'axe des mains, produit une image que le cerveau interprète comme « je pourrais le faire ». La même action filmée de face devient une démonstration commerciale.

Un plan de face reste utile, mais comme complément : pour la réaction du visage, jamais pour le geste.

Montrer, pas décrire

Chaque phrase qui décrit ce qu'on voit peut être supprimée.

Ce qui reste utile à dire, ce sont les informations invisibles : la durée réelle, la quantité utilisée, ce qu'il ne faut pas faire, le résultat au bout de plusieurs jours.

Le repère : si votre commentaire pouvait accompagner n'importe quel autre produit, il ne sert pas.

Attention également aux affirmations. Les allégations de résultat, de composition, de sécurité ou d'efficacité engagent la marque et sont encadrées ; ce qui peut être dit dépend de votre situation et se vérifie avec un juriste, avant le tournage.

Plan fixe et mains dans le cadre

Deux règles simples et payantes.

Le téléphone posé, jamais tenu : une démonstration tremblante donne l'impression que le produit est difficile à utiliser.

Les mains entièrement visibles, y compris la main qui tient l'objet. Une main coupée par le bord du cadre oblige le spectateur à deviner, et il devine mal.

Ajoutez un troisième point : la même distance du début à la fin. Un zoom au milieu du geste casse la preuve.

L'ordre des plans dans une démonstration

PlanCe qu'il montrePiège
1Le problème, sans le produitLe résoudre trop vite
2Le geste, mains dans le cadreSortir du champ
3Le résultat, même cadre qu'au plan 1Changer d'angle

Ce qui se répète avant d'enregistrer

Le geste seul, deux fois, sans caméra. Un enchaînement hésitant se voit et oblige à tout refaire.

Ce qui rend la démonstration crédible

Un temps réel non coupé sur le moment décisif, et l'aveu de la limite : ce que le produit ne fait pas.

Durée et rythme

La bonne durée est celle du geste, pas celle du format.

Un geste de dix secondes se filme en dix secondes. Un geste de deux minutes se filme en deux minutes, puis se décline en une version courte pour la publicité et une version longue pour la fiche produit.

Ce qu'il ne faut jamais faire, c'est accélérer l'image sur la partie qui prouve. Une accélération sur le résultat est lue comme une tricherie, même quand elle n'en est pas une.