Une vidéo tournée ici ne reste pas ici. Elle sert souvent pour plusieurs pays d'Amérique centrale, parfois pour un client situé bien plus loin.

Cela impose une règle d'écriture que presque personne ne formule : l'accroche doit être universelle, le corps doit être local.

Les trois premières secondes ne supportent aucun contexte

Une référence locale placée en ouverture exclut immédiatement une partie du public. Un lieu, une expression, une habitude qu'il faut connaître pour comprendre : le spectateur qui ne la partage pas décroche avant d'avoir vu le produit.

Une accroche universelle repose sur trois choses seulement : un geste, un problème visible, ou une question que n'importe qui se pose.

« J'ai mis trois mois à comprendre pourquoi ça ne tenait pas. » « Regardez ce qui se passe quand on l'ouvre après la pluie. » Personne n'a besoin de savoir où l'on est pour continuer à regarder.

Ce qui appartient au corps de la vidéo

L'humidité, la pluie de l'après-midi, la route en terre, la maison ouverte, le trajet en bus. Ce sont ces détails qui rendent la vidéo crédible, et ils arrivent après que l'attention est acquise.

Ils font aussi le travail inverse pour le spectateur étranger : ils prouvent que la personne vit réellement avec le produit, au lieu de le présenter.

Trois structures qui fonctionnent

Le problème d'abord. On montre ce qui ne va pas, puis ce qui l'a réglé. C'est la structure la plus solide, parce qu'elle donne une raison de rester avant de vendre quoi que ce soit.

L'objection dite à voix haute. « Je pensais que ça n'en valait pas la peine. » Cette phrase désarme, parce qu'elle dit à voix haute ce que le spectateur pense en silence.

Le résultat inversé. On commence par la fin : l'objet après trois mois, la pièce terminée, le vêtement lavé vingt fois. Puis on revient en arrière.

Ce qu'il faut éviter d'écrire

L'impératif agressif. « Arrête tout », « tu fais n'importe quoi » : ce registre fonctionne dans certains marchés et se fait rejeter ici, où il passe pour de l'impolitesse plus que pour de l'énergie.

La promesse extrême, qui oblige ensuite à prouver l'impossible.

Et l'ouverture par une présentation de soi. Personne n'a demandé qui vous êtes ; on le découvre en vous regardant faire.

Écrire pour être compris sans le son

Une part importante des vues se fait sans audio. L'accroche doit donc exister à l'image : un geste, un produit dans la main, un texte court à l'écran.

Écrivez ce texte vous-même plutôt que de laisser un sous-titrage automatique le faire. Les outils de transcription se trompent régulièrement sur les noms de marques et sur les tournures locales, et un mot faux dans la première seconde coûte la vidéo entière.

Comment tester une accroche sans budget

Écrivez-en trois pour la même vidéo, tournez les trois débuts à la suite, gardez le même corps.

Publiez-les à quelques jours d'intervalle et regardez laquelle retient l'attention au-delà des premières secondes. C'est la seule façon fiable de savoir, et elle ne coûte que quelques minutes de tournage supplémentaires pendant que tout est déjà en place.

Trois structures qui tiennent

StructurePremière phraseCe qui suit
Problème, preuve, offre« Voilà ce qui rate à chaque fois. »La démonstration
Question, réponse, limite« Est-ce que ça tient un mois ? »Le test
Avant, après, condition« Même produit, deux semaines d'écart. »La comparaison

Ce qui se écrit en dernier

L'accroche : on la choisit quand on sait ce que la vidéo prouve, jamais avant.

Ce qui se teste sur trois versions

Le même montage avec trois débuts différents, publiés le même jour, comparés au bout de quarante-huit heures.

Ce qui se réutilise

Une accroche qui a fonctionné se réutilise sur un autre produit, presque telle quelle. Notez-la.

Au bout de quelques mois, vous disposez d'une liste courte de débuts éprouvés, et l'écriture cesse d'être le moment le plus difficile du travail.