Un créateur qui travaille en Belgique depuis quelques années accumule un portfolio étrange: la moitié visible est faite de petits clients et de projets personnels, et la moitié invisible est le travail qui paie réellement.

La sous-traitance d'agence, les sièges européens, les clients industriels et tout ce qui est interne viennent presque toujours avec des restrictions, et quand vous demandez, la réponse a en général déjà été décidée par quelqu'un qui n'est pas dans la conversation.

Pourquoi cela arrive si souvent ici

Trois sources, et aucune n'est déraisonnable.

Les agences vendent le travail comme le leur, et le nom d'un sous-traitant en public complique cela avec leur propre client. Les clients corporate ont des règles de marque antérieures à vous. Et les entreprises industrielles ont souvent des engagements de confidentialité envers leurs clients dans leur propre atelier, ce qui veut dire que les images ne peuvent pas circuler du tout.

L’erreur des créateurs

Croire qu'un client sympathique veut dire une autorisation ouverte. La personne qui vous a engagé n'a peut-être réellement pas le pouvoir de dire oui, et demander après la livraison la met dans une position où refuser est la réponse sûre.

Demandez avant de commencer, quand dire oui ne lui coûte rien et refuser demande une raison.

Décrire vaut mieux que montrer, si on décrit bien

Un prospect ne regarde pas votre bande démo pour se divertir. Il essaie de savoir si vous pouvez résoudre son problème, et une description précise d'un problème que vous avez résolu fait cela mieux qu'un beau plan auquel il ne peut pas se rattacher.

La forme qui marche

Trois lignes: la situation, la contrainte, le résultat. Un fabricant d'emballages avait besoin d'un film de démonstration pour l'export. Le tournage devait tenir dans un seul arrêt de production de quatre-vingt-dix minutes, sans voix off puisqu'il tourne dans neuf pays. Livré en un plan continu avec du texte à l'écran, toujours utilisé deux ans plus tard.

Personne n'a besoin de le voir pour y croire, et cela en dit plus sur votre jugement qu'un montage.

Ce que vous ne pouvez pas montrerCe que vous pouvez dire à la place
Une marque nomméeLe secteur et la taille de l'exploitation
Le film finiLa contrainte dans laquelle vous avez travaillé
Le produit du clientLe problème que la vidéo devait résoudre
Des chiffres de performance qui lui appartiennentCe qui a changé dans son process
Les images elles-mêmesUn plan que vous avez tourné et qui n'identifie rien

La dernière ligne mérite un examen au cas par cas. Un gros plan de vos propres mains, une matière, une installation lumière sans logo ni lieu reconnaissable est parfois diffusable quand le film ne l'est pas, et un court message portant précisément sur ce plan reçoit souvent un oui.

La seule chose qui vaille d’être négociée

Pas le droit de tout publier, que vous n'obtiendrez pas. Une durée.

Demandez que la restriction prenne fin au bout d'une période définie, six mois ou un an, sauf avis contraire du client. C'est une petite demande, elle est facile à accorder, et elle transforme un silence permanent en un délai. Les créateurs qui la posent au départ ont un portfolio deux ans plus tard; ceux qui ne la posent pas décrivent encore le même travail avec des mots.

Possédez deux pièces entièrement

Quelles que soient les restrictions, gardez deux ou trois projets dont vous contrôlez tout: une pièce que vous avez initiée, un petit client local heureux d'être nommé, un sujet que vous avez choisi.

Ce qu’elles doivent prouver

Pas que vous êtes artiste. Que vous savez tenir un visage, éclairer un produit, monter quelque chose qui retient l'attention, et finir. Ces pièces portent les parties de votre travail que le matériel confidentiel ne peut pas démontrer publiquement, et c'est grâce à elles qu'une première conversation avance.

Renouvelez-en une par an. Un portfolio dont le travail visible le plus récent date de trois ans soulève exactement la question que vous ne voulez pas qu'on pose.