Louvain est une petite ville avec une très grande université, un écosystème de recherche dense autour de la technologie et des sciences du vivant, et une industrie brassicole plus ancienne que les deux. Elle est compacte, se fait à pied, et le client moyen y est plus savant sur son sujet que sur la vidéo.
Cette combinaison produit un type de travail qui n'existe presque pas ailleurs en Belgique: de la vidéo dont la fonction est de rendre compréhensible une chose difficile à quelqu'un qui n'est pas du domaine.
Le client type n’est pas une marque
Qui décide
Un chercheur, un responsable de laboratoire, un chargé de communication dans une institution, ou le fondateur d'une entreprise de onze personnes avec une technologie que personne d'extérieur ne sait décrire. Rarement un service marketing, et presque jamais une agence.
Cela veut dire des chaînes de validation courtes et des conversations longues. La personne qui vous briefe connaît son sujet parfaitement et n'a aucune référence sur ce à quoi une vidéo devrait ressembler, ce qui est l'inverse du problème habituel.
Ce qu’ils achètent réellement
Le recrutement, avant tout. C'est un marché où la ressource rare est la main-d'œuvre et non le client, et un laboratoire ou une jeune entreprise qui n'arrive pas à recruter dépensera pour être visible auprès d'ingénieurs.
Ensuite: expliquer ce que fait l'organisation, à des investisseurs, à des partenaires, à un public qui la finance. Et un flux régulier de petits travaux internes et d'événements qui n'apparaissent dans aucun portfolio et se paient très correctement.
Le travail commence par une phrase, pas par une caméra
L'échec typique ici, c'est une belle vidéo qui laisse le spectateur aussi ignorant qu'avant. Cela arrive quand un créateur filme ce qui a été dit au lieu de chercher d'abord ce que cela veut dire.
Le test de la phrase
Avant de prévoir le moindre plan, écrivez une phrase qu'un inconnu comprendrait, et relisez-la au client. S'il dit presque, réécrivez jusqu'à ce qu'il dise oui. Cette phrase est la vidéo, et tout ce qui suit est illustration.
C'est la partie que les clients d'ici valorisent le plus, et c'est aussi celle qu'ils ne s'attendent pas à ce qu'on leur propose. Un créateur qui arrive avec des questions plutôt qu'avec un traitement obtient en général le deuxième projet sans avoir à le disputer.
Ce que la ville achète d’autre
| Type de client | Ce dont il a besoin | Ce qui le fait marcher |
|---|---|---|
| Une équipe de recherche | Expliquer un projet à des non-spécialistes | Une idée, une phrase, aucun jargon |
| Une entreprise deep tech | Recrutement et page carrières | De vraies personnes, de vraies salles, aucune banque d'images |
| Une brasserie, un producteur | Produit et process | Le geste, les mains, un accéléré de quelque chose de lent |
| Un service tourné vers les étudiants | Campagnes courtes et saisonnières | La vitesse et le volume avant le fini |
| Un lieu culturel | Programmation et public | L'atmosphère, et des dates exactes |
La troisième ligne rappelle que Louvain n'est pas qu'un ensemble de laboratoires. La bière et l'alimentaire y sont installés depuis bien plus longtemps et achètent de la vidéo pour des raisons parfaitement ordinaires.
Ce que cela change à votre façon de facturer
Deux choses, et elles tirent en sens inverse.
La préparation est plus longue. Un appel de vingt minutes avant un tournage scientifique n'est pas facultatif, l'heure passée à lire ce que le client a envoyé non plus. Fixez le prix de la journée pour que cela tienne dedans, plutôt que de le traiter comme gratuit.
La livraison est souvent plus simple. Ces clients n'ont pas besoin de huit variantes pour six plateformes; ils ont besoin d'un film clair et de deux versions courtes. Donc la journée de tournage est calme, le montage est plus bref, et la valeur se concentre dans la réflexion plutôt que dans le volume.



