Applications, portefeuilles et boutiques en ligne paient pour cela et peu de créateurs le proposent. Voici quoi enregistrer et quoi ne jamais montrer.

Ce qu'on enregistre

Quatre parcours, dans l'ordre de la demande.

L'inscription complète, du premier écran jusqu'au compte utilisable, avec les documents demandés.

L'opération principale : un paiement, un envoi, une commande, un transfert.

Le cas de figure qui inquiète : une erreur, un refus, une annulation, et comment le service y répond.

Et le retour : où l'on voit son historique, comment on récupère un justificatif, où l'on contacte quelqu'un.

Une remarque de production : ce sont les trois derniers qui se vendent le mieux, parce que l'inscription est déjà filmée par la marque et que le reste ne l'est jamais.

Ce qu'on ne montre jamais

Cinq éléments, sans exception.

Un compte réel, avec un solde, un nom, une adresse ou un numéro.

Un identifiant, un mot de passe, un code reçu par message.

Un document d'identité, même partiellement masqué.

Le contenu d'une conversation privée, même la vôtre.

Et les données d'une autre personne, y compris dans une notification qui apparaît en haut de l'écran.

Trois précautions techniques : mode avion pour les notifications, compte de démonstration fourni par la marque, et relecture image par image de la fin de l'enregistrement, où les erreurs se glissent. Le traitement des données personnelles apparaissant à l'écran se vérifie avec un juriste avant livraison.

La voix compte plus que l'image

C'est la particularité du format : l'image est fournie par l'appareil, la valeur vient du commentaire.

Trois règles de narration.

Dites ce que vous cherchez avant de le chercher : le public suit une intention, pas des gestes.

Nommez les boutons avec les mots affichés à l'écran, pas avec vos propres mots.

Et signalez ce qui vous surprend, y compris en négatif : c'est ce qui rend le reste crédible.

Deux règles techniques. Enregistrez la voix après coup, en regardant l'écran, plutôt que pendant la manipulation. Et gardez un niveau constant : ces vidéos se regardent souvent au casque, dans un train.

Le rythme se fabrique au montage

Trois outils, et aucun n'est un effet.

Le zoom léger sur la zone concernée, pour remplacer le doigt qui pointe.

Le texte à l'écran, une ligne à la fois, qui annonce l'étape.

Et la coupe des déplacements inutiles entre deux écrans, qui n'est pas la même chose que couper une attente réelle.

Une durée utile : quarante-cinq à quatre-vingt-dix secondes par parcours. Au-delà, découpez en plusieurs vidéos, une par question.

Ce qui se vend le mieux

Quatre pièces, dans l'ordre de la demande.

La réponse à une question fréquente du service client, une par vidéo.

La comparaison de deux façons de faire la même opération dans l'application.

Le parcours réalisé avec une connexion faible, qui est la réalité d'une partie du public.

Et la vidéo de mise à jour, tournée quand l'interface change, qui se revend chaque année.

Ce qui se prépare avant d'enregistrer un écran

ÉlémentCe qu'il faut fairePourquoi
Les notificationsTout couperUne alerte interrompt la prise
Le compte utiliséUn compte de démonstrationAucune donnée personnelle
La vitesse du gesteRalentir volontairementLe doigt va plus vite que l'oeil

Ce qui se montre à l'écran

Le parcours complet, sans coupe, du premier écran jusqu'au résultat. Une capture qui saute une étape laisse le spectateur bloqué exactement à cet endroit.

Ce qui se vérifie avant de livrer

Aucun nom, aucun numéro, aucune adresse, aucune notification visible. Une seule image mal nettoyée suffit à publier une donnée qui ne vous appartient pas.

Comment le facturer

Trois lignes distinctes, comme pour tout autre format.

L'enregistrement et le commentaire, à la pièce ou au lot.

Le montage, y compris les versions courtes.

Et les droits : supports, durée, territoire, avec une attention particulière à la publicité payante.

Un point spécifique à ce format : prévoyez au contrat qui fournit le compte de démonstration, qui répond si une donnée sensible apparaît par erreur, et ce qui se passe quand l'interface change. Une vidéo d'écran vieillit plus vite que toutes les autres, et cette clause décide de qui paie la mise à jour.