Trois nombres tirés d'un brief américain typique : 5 vidéos, 12 mois d'usage payant, rushs inclus. Un créateur qui donne un prix pour « cinq vidéos » a répondu au premier nombre et ignoré les deux qui décident de ce que vaut le travail. Aux États-Unis, le prix de l'UGC est le prix d'une licence. Le tournage en est la plus petite part, et une marque qui va diffuser une vidéo en publicité payante pendant un an, la découper en dix variantes et ne jamais la publier sur le compte du créateur achète quelque chose de très différent d'une marque qui veut un clip pour son propre feed pendant un mois.
Ce guide ne publie pas de grille tarifaire. Il n'existe aucune source officielle sur ce que paient les marques américaines, et tout tableau qui prétend le contraire devine. Ce qu'il fait, c'est démonter les composantes d'un devis américain, montrer comment elles se combinent avec un exemple dont les chiffres sont choisis pour l'arithmétique et non comme référence, et expliquer lesquelles les créateurs oublient le plus souvent.
Le prix est une licence, pas une vidéo
Quatre composantes dans chaque devis
Un prix UGC américain a quatre parties, que le créateur les nomme ou non : la production de la vidéo elle-même ; les droits d'usage, qui disent où, pour combien de temps et sous quelle forme la marque peut l'utiliser ; l'exclusivité, qui dit ce que le créateur ne peut pas faire pour des concurrents pendant ce temps ; et les extras que demandent les équipes performance, les raw files (les rushs, les fichiers bruts), les hooks (les accroches) supplémentaires, les retouches au-delà de la série convenue, et une livraison plus rapide que le délai standard. La mécanique des deux premières est décrite dans le guide sur les contrats créateur et les droits d'usage ; ce qui suit explique comment elles deviennent un nombre.
Les droits d'usage sont le premier levier
Par convention, le tarif de base d'un créateur couvre une vidéo que la marque peut utiliser en organique sur ses propres canaux pendant une durée limitée. L'usage payant, c'est-à-dire la marque qui diffuse la vidéo en publicité, est une permission distincte avec sa propre durée, et c'est la durée qui fait le plus bouger le prix : un mois n'est pas un an, et « perpetual » ou « in perpetuity » désigne une licence sans date de fin, ce qui revient en pratique à vendre la vidéo une fois pour toutes et doit se tarifer ainsi. Les canaux comptent aussi : le paid social seul est plus étroit que « all media » (tous supports), qui inclurait le site de la marque, ses emails, ses écrans en magasin et la télévision. Les briefs américains sont précis là-dessus parce que le service juridique a rédigé la clause, et un créateur qui lit la clause avant de chiffrer tarife ce qui est réellement acheté.
Exclusivité et rushs
L'exclusivité est une période pendant laquelle le créateur ne peut pas travailler pour une marque concurrente de la même catégorie. Elle a un coût parce qu'elle retire un revenu futur, et elle se tarife selon sa durée et selon la largeur donnée au mot « concurrent ». Les rushs se tarifent parce qu'ils permettent à la marque de produire plus de publicités sans payer plus de vidéos : une équipe qui a les fichiers bruts peut tirer un second lot de variantes du premier tournage. Les deux demandes sont légitimes. Les deux ont leur place sur la facture comme des lignes, pas comme des faveurs.
Un exemple, avec des nombres qui ne sont qu'un exemple
Prenons un créateur dont le tarif de base pour une vidéo finie avec 30 jours d'usage organique est de $300. Ce chiffre est choisi parce qu'il rend l'arithmétique facile, pas parce que c'est ce que quiconque devrait facturer ; un créateur à New York avec une journée sur place et un créateur d'un marché plus petit qui filme chez lui atterriront à des endroits différents, et les guides de villes de ce cocon expliquent pourquoi. Le brief demande 5 vidéos, 12 mois d'usage en paid social, et les rushs.
| Composante | Base de calcul | Montant de l'exemple |
|---|---|---|
| 5 vidéos finies au tarif de base | $300 chacune, 30 jours en organique | $1 500 |
| Usage paid social, 12 mois | Pourcentage du cachet de production, ici 50 % | $750 |
| Rushs des 5 vidéos | Forfait par vidéo, ici $50 | $250 |
| Exclusivité de catégorie, 3 mois | Forfait, ici $200 | $200 |
| Total | $2 700 |
Le tableau vaut par sa forme, pas par ses montants. Le cachet de production est de $1 500 ; la licence et les extras ajoutent $1 200, presque autant que la production elle-même. Un créateur qui aurait chiffré « cinq vidéos, $1 500 » aurait cédé l'usage payant, les rushs et l'exclusivité, et l'aurait découvert quand la marque aurait réclamé les fichiers bruts comme s'ils étaient compris. Des créateurs différents appliquent des pourcentages différents à l'usage payant et des forfaits différents à l'exclusivité ; ce qui compte, c'est que chaque composante apparaisse, avec sa base, pour que la marque puisse accepter ou négocier chacune.
Ce qui change le tarif de base aux États-Unis
Trois choses font bouger le tarif de base lui-même, avant les droits. La première est l'identité de l'acheteur : un fondateur qui gère un petit compte publicitaire, une équipe growth qui commande des lots mensuels, ou une agence qui revend le travail, chacun avec un budget différent et une attente de volume différente. La deuxième est le format : une démonstration d'application enregistrée à l'écran, un déballage de produit à la maison et une journée en extérieur à Los Angeles sont trois travaux différents avec trois coûts différents, et le guide sur Los Angeles montre comment un permis et une équipe entrent dans le prix là-bas. La troisième est l'historique du créateur avec cet acheteur : un créateur dont le lot précédent a produit la publicité gagnante est réengagé à un tarif plus élevé parce que le risque, côté marque, a baissé.
Ce qui ne fait pas bouger le tarif de base, sur le marché américain, c'est le nombre d'abonnés du créateur. La vidéo sera diffusée sur le compte de la marque. L'acheteur paie la publicité, pas l'audience, et les créateurs qui ajoutent une prime pour leur propre portée chiffrent un travail que la marque n'a pas commandé, sauf si le brief inclut une publication sur le canal du créateur ou du whitelisting, qui se tarifent pour ce qu'ils sont.
L'objection : « tout le monde facture à la vidéo »
L'objection que soulèvent les créateurs, c'est que les marques américaines attendent un prix par vidéo et n'écouteront pas un détail. Les équipes performance achètent du média à l'unité tous les jours et ont l'habitude des lignes de facture, et c'est le détail qui leur permet de dire oui aux vidéos en retirant l'exclusivité dont elles n'avaient pas besoin. Ce que les marques n'aiment pas, c'est un nombre qui change après acceptation parce qu'une composante avait été oubliée. Le guide sur négocier ses tarifs UGC couvre la conversation ; la structure ci-dessus est ce qui la rend courte.
Trois habitudes qui protègent le prix
- Chiffrez les composantes séparément, avec la durée de l'usage en mois et les canaux nommés, et écrivez « usage payant non compris » sur tout devis de base.
- Traitez les rushs et les hooks supplémentaires comme des produits avec un prix, et ne les livrez qu'une fois ce prix accepté.
- Refusez l'usage perpétuel dans le tarif de base. Si une marque veut la vidéo pour toujours, tarifez pour toujours, et dites-le en une phrase.
Sources
Vérifié le 20 septembre 2026. Ce guide ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. En cas de désaccord entre ce guide et la source officielle, la source officielle prévaut.



