Ici, le climat est un membre de l'équipe de tournage, et il travaille contre vous. Une assiette dressée à l'extérieur a une durée de vie de quelques minutes.

Ce qui convertit vraiment

Quatre éléments, et l'ordre compte.

Le son, capté à part et en gros plan : la mouture, l'eau qui coule, la tasse posée, la coupe dans un fruit. Il déclenche l'envie avant l'image.

Le geste de préparation en temps réel, sans accélération. C'est ce qui prouve la durée annoncée et ce qui distingue le format d'une publicité.

Le contexte de consommation : à quel moment, avec quoi, dans quelle vaisselle, dehors ou dedans.

Et le lieu, qui est ici un argument à part entière : la plantation, le séchage, le tri, le marché. Aucun studio ne peut le fabriquer.

Deux publics, deux briefs différents

C'est la particularité de ce marché et elle change tout.

L'acheteur local veut savoir où l'acheter, à quel prix, comment le préparer chez lui, et si ça se garde. Il connaît déjà le produit.

L'acheteur à l'export ne connaît rien : il achète l'origine, le procédé et la traçabilité. Il veut voir la parcelle, les mains, le séchage, l'emballage, et il regarde plus longtemps que le public local.

Écrivez donc deux briefs, tournez la même journée, et livrez deux montages. Prévoyez une version anglaise sous-titrée pour le second public : c'est celui qui paie le mieux.

Ce qu'il est interdit d'affirmer

Cette partie se règle avant le tournage.

Ce qui peut être dit d'un aliment en matière de nutrition, de santé, d'origine, d'appellation, de certification ou de composition est encadré et dépend du produit et du marché de destination. La formulation utilisable vient de la documentation validée et se reprend mot pour mot.

Ces points se vérifient auprès de l'autorité compétente et avec un juriste avant le tournage, surtout pour un contenu destiné à l'export, où deux réglementations peuvent s'appliquer.

Une règle vaut aussi pour l'image : filmer une parcelle qui n'est pas celle du produit, ou un procédé qui n'est pas le sien, engage autant qu'une phrase.

Quels créateurs engager

Deux profils différents pour les deux publics.

Pour le marché local, un créateur du quotidien qui cuisine vraiment, avec une cuisine ordinaire et une lumière de fenêtre.

Pour l'export, quelqu'un capable de filmer un procédé calmement, en plans longs, et de suivre une consigne au mot près. La qualité recherchée est la précision, pas la personnalité.

Dans les deux cas, vérifiez la stabilité de la main en gros plan et la capacité à travailler vite, pour la raison décrite plus haut.

Ce qui se filme, dans l'ordre

MomentCe qu'on filmePourquoi maintenant
Avant cuissonLes ingrédients brutsLe plan de travail est propre
PendantLe geste et la textureLa matière bouge
Juste aprèsL'assiette servieLa vapeur ne dure pas

Ce qui se prépare en double

Une portion témoin pour la lumière, une seconde pour la prise réelle.

Ce qui ne se dit jamais

Une promesse de santé, un effet sur le poids, une origine absente de l'étiquette.

Le calendrier costaricien

Il suit la récolte et les saisons touristiques.

Le calendrier de la récolte et de la transformation commande les images de procédé : elles ne se tournent qu'à ce moment-là et ne se rattrapent pas. Filmez-les une fois par an, largement, et utilisez-les pendant douze mois.

La saison touristique commande le reste : formats courts, cafés, marchés, consommation sur place. Tournez-les en basse saison, quand les lieux sont calmes et les gens disponibles.