Ce marché impose une contrainte que peu de catégories connaissent : la moitié de ce que vous voulez montrer n'existe que quatre mois par an.

La saison de terrasse est courte et décidée tôt

Les réservations et les habitudes se prennent dans les premières semaines.

Une campagne lancée quand la terrasse est déjà pleine arrive trop tard : elle paie pour des clients que vous auriez eus de toute façon. Le moment utile est celui où les gens décident où ils iront quand il fera beau, c'est-à-dire avant.

L'hiver remplit les salles et les sacs

Ce n'est pas une saison morte, c'est une autre saison.

Le froid déplace la demande vers la salle, la livraison et les plats qui réchauffent. Le contenu change avec elle : on ne montre plus le soleil et la rue, on montre la buée sur la vitre, le manteau posé, le plat qui fume.

Beaucoup d'établissements arrêtent de communiquer en janvier, ce qui laisse la fenêtre la moins chère de l'année à ceux qui restent.

L'emballage de livraison décide de l'avis

C'est le point que les restaurateurs sous-estiment le plus.

Le client note ce qu'il reçoit chez lui, pas ce qui sort de la cuisine. Montrez donc le sac ouvert, ce qui tient, ce qui est servi à part, la sauce qui ne coule pas, le contenant qui garde la chaleur.

Si un plat voyage mal, dites-le et proposez autre chose : cette phrase évite plus d'avis négatifs qu'un geste commercial.

Publiez avant les repas, pas après

C'est une règle simple et presque personne ne l'applique.

La décision se prend une à deux heures avant de manger, pas au moment du repas. Une vidéo publiée à midi arrive quand tout le monde a déjà choisi.

Programmez donc en fin de matinée et en milieu d'après-midi, et gardez le soir pour ce qui prépare le lendemain.

Le créateur local n'est pas optionnel

Le quartier, la rue, l'accent et le trajet situent l'établissement en trois secondes.

Un contenu tourné dans un décor neutre ne dit rien de l'endroit où vous êtes, et personne ne reconnaît rien. Filmez l'arrivée depuis la rue, la porte, ce qu'on voit en entrant.

La version française n'est pas une traduction

Deux tournages, deux personnes, pas un doublage.

Le vocabulaire de la table ne se transpose pas mot à mot, et une voix doublée annule la proximité recherchée. Certaines obligations relatives à la langue de communication dépendent de la province et du type de message : elles se vérifient avant diffusion.

Ce que la restauration commande vraiment

L'acheteurSa commande typeSa contrainte
Un restaurant indépendantLe plat et la salleUn tournage hors service
Une chaîneUn format identique par établissementUne charte à respecter
Un traiteur ou une boulangerieLe geste de préparationLes horaires de production

Ce qui rend un plan de cuisine utilisable

Le mouvement et la proximité. Un plan large de salle vide ne vend rien, alors qu'une main qui dresse une assiette, filmée à trente centimètres, se comprend sans son et sans texte.

Ce que le personnel change au tournage

Le rythme et l'autorisation. Une équipe en service ne s'arrête pas, et chaque personne visible à l'écran doit avoir donné son accord, ce qui se demande avant et non pendant le coup de feu.

Ce qu'on ne peut pas affirmer

L'origine des produits, le caractère artisanal, une distinction, et tout ce qui touche aux allergènes.

Les règles applicables à l'information du consommateur et à ces mentions dépendent du secteur et de la province : elles se vérifient avant la mise en ligne, avec un professionnel du droit en cas de doute.