La question n'est plus de savoir si une vidéo générée est réalisable. Elle l'est, elle coûte peu, et elle sort en quelques minutes.

La vraie question est ailleurs : est-ce qu'elle parle à la personne à qui vous vous adressez. En Espagne, c'est le point où la plupart de ces vidéos se trahissent.

Ce qui se remarque d'abord n'est pas l'image, c'est la langue

Une voix de synthèse en espagnol sort presque toujours dans un registre pan-hispanique, celui qui doit être compris partout et n'appartient à nulle part.

Une audience espagnole l'entend en une phrase. Le tutoiement collectif disparaît au profit d'une forme qui sonne administrative, le vocabulaire du quotidien est remplacé par des équivalents corrects mais qui ne se disent pas ici, et la musique de la phrase ne correspond à aucune région.

Le spectateur ne se dit pas « c'est de l'intelligence artificielle ». Il se dit « ce n'est pas pour moi », et il passe. Le résultat est le même, et il est plus difficile à diagnostiquer.

Ce que la génération fait bien

Il serait absurde de la refuser en bloc. Elle est excellente pour ce qui n'a pas de corps.

Un fond, une animation, une carte, un texte à l'écran, une déclinaison de format, une variante de couleur, un test de dix accroches avant de décider laquelle mérite un tournage. Là, elle fait gagner du temps et de l'argent, sans rien promettre de faux.

Elle est aussi utile pour préparer un vrai tournage : montrer au créateur ce qu'on a en tête coûte moins cher en images générées qu'en allers-retours de brief.

Ce qu'elle ne fait pas

Elle ne peut pas montrer votre produit dans une main réelle. Elle ne l'a jamais eu entre les doigts, et le geste manque : la façon dont une texture s'étale, dont un fermoir résiste, dont un tissu tombe.

Elle ne peut pas non plus dire « je l'utilise depuis trois mois ». Ce n'est pas une limite technique mais une limite de vérité : personne ne l'a utilisé.

Or c'est précisément cette phrase qui fait acheter. Un contenu qui imite la confiance sans avoir l'expérience derrière produit un malaise que le spectateur ne sait pas nommer, et qui se traduit par une chute d'attention.

Le sujet de l'affichage

Présenter une vidéo générée comme le témoignage d'un client est une déclaration fausse sur le produit, quelle que soit la qualité du rendu.

Les obligations d'indiquer qu'un contenu est généré évoluent, et elles ne sont pas identiques selon le support et le message. Pour ce qui s'applique à votre cas, l'autorité compétente ou votre conseil reste la référence ; ce qui ne bouge pas, c'est qu'une marque prise à faire passer une génération pour un client perd plus que la campagne.

Le partage qui fonctionne

Réservez la génération à l'habillage, aux variantes et aux tests. Réservez le tournage réel aux moments où quelqu'un doit être cru : la démonstration, l'avis, la réponse à une objection, la comparaison avant et après.

Ce partage a un effet secondaire mesurable : il concentre le budget de tournage là où il change une décision d'achat, et il arrête de le dépenser en plans d'illustration qu'une image générée fournit pour rien.

Ce que chaque option permet

CritèreVidéo généréeCréateur réel
Personne identifiableNon, ou avec accordOui, avec accord écrit
Produit tenu en mainSimuléFilmé
Preuve d'usageNonOui

Ce qui doit être signalé

Toute image générée présentée comme un témoignage, toute voix clonée, toute scène qui n'a pas eu lieu.

Ce qui reste hors de portée d'une génération

Le geste maladroit qui rend crédible, la texture réelle d'une matière, la réaction d'un animal ou d'un enfant.

Ce qu'il faut vérifier avant de diffuser

Que la langue soit celle de la région visée, y compris dans les mots du quotidien. Que rien dans la vidéo ne laisse croire qu'une personne a essayé le produit si personne ne l'a fait. Et que la version courte, celle qui sera vue en premier, tienne sans le son : c'est là que les défauts d'une génération se voient le plus.