Le media kit d'un créateur UGC ne ressemble en rien à celui d'un influenceur. Il ne porte ni audience, ni impressions, ni graphique de communauté. Il porte la seule chose dont la marque a besoin pour décider : ce que vous filmez, à quoi cela ressemble, et combien cela coûte.
Depuis l'Argentine, il doit en plus répondre à trois questions qu'un client local ne se pose jamais.
Les trois lignes propres à un créateur argentin
Une bonne partie de vos clients potentiels ne sont pas en Argentine. Ils sont au Mexique, en Colombie, en Espagne, parfois plus loin. Pour eux, votre profil pose trois inconnues qu'il faut lever tout de suite, sinon la conversation n'a même pas lieu.
Dans quelle langue vous livrez. Précisez si vous tournez en rioplatense, en espagnol neutre, en anglais, et si le neutre est disponible sans supplément ou non. C'est la ligne qui ouvre ou ferme le plus de marchés.
Comment on vous paie. Une ligne suffit : la devise dans laquelle vous facturez et les moyens de paiement que vous acceptez. Un client étranger qui doit deviner cela remet la décision à plus tard, et plus tard n'arrive pas.
Quand vous êtes joignable. Le fuseau horaire, et une plage de réponse. Une marque espagnole qui découvre à la troisième relance que vos journées ne se recouvrent qu'à moitié vous retire de sa liste courte.
Une page, lue sur un téléphone
Le lecteur ne s'installe pas devant votre document. Il l'ouvre entre deux réunions, sur un écran de six pouces, et il a déjà trois autres profils ouverts. Ce qui dépasse d'une page ne sera pas atteint.
Cela impose une hiérarchie brutale. En haut, l'identité en une phrase : le métier, les deux ou trois univers que vous couvrez, la ville, les registres de livraison. Une créatrice de cosmétique à Buenos Aires qui tourne en neutre et en rioplatense a dit l'essentiel en une ligne, là où « passionnée par le contenu » n'a rien dit du tout.
Juste en dessous, la preuve : quatre images arrêtées de vos meilleures pièces, chacune cliquable vers la vidéo. Puis la mécanique de travail, en télégraphique : les formats que vous sortez, les durées, le nombre d'ouvertures différentes par pièce, les sous-titres selon qu'ils sont compris ou non, et le délai que vous tenez réellement, exprimé en jours ouvrés.
Enfin les montants. Pas une fourchette molle, des nombres.
Les prix affichés, et comment les tenir ici
On vous dira qu'un tarif public vous prive de marge de manoeuvre. L'expérience dit le contraire : il fait partir ceux qui n'avaient pas de budget et déclenche l'écriture chez ceux qui en ont un. Le temps que vous économisez en discussions qui n'aboutissent pas dépasse largement la marge que vous croyez perdre.
Reste la difficulté locale, celle qui pousse beaucoup de créateurs argentins à ne rien afficher : une grille peut vieillir vite. La parade n'est pas de la cacher, c'est de la rendre stable. Exprimez vos montants dans la monnaie qui vous sert de référence, ajoutez une phrase disant comment la conversion se fait au moment de facturer, et la grille cesse de se périmer. Ce qui bouge, ce n'est plus votre prix, c'est un taux, et il est écrit noir sur blanc.
Ce qui n'a rien à y faire
Tout ce qui parle de vous plutôt que du travail : le compteur d'abonnés, les statistiques de votre compte personnel, la déclaration d'amour au métier, les photos de voyage. Et les modèles graphiques trop chargés, dans lesquels un client pressé ne trouve ni vos formats ni vos prix.
Un test simple avant d'envoyer : couvrez le design et lisez seulement le texte. S'il répond à ce que vous filmez, comment cela se voit et ce que cela coûte, le kit est bon. Sinon, le graphisme cache un vide.
Le lien vaut mieux que le fichier
Envoyez un document portable, mais surtout un lien vers un dossier de vidéos. Personne ne signe sur des images fixes : la marque veut entendre votre voix et voir votre rythme avant de répondre.
Un profil sur une marketplace UGC remplit souvent ce rôle mieux qu'un fichier, parce qu'il rassemble déjà univers, langues, tarifs et pièces au même endroit et qu'il ne vieillit pas dans la boîte mail d'un client. Un fichier envoyé en mars circule encore en septembre avec les prix de mars.
Ce que contient chaque page
| Page | Ce qu'on y met | Ce qu'on n'y met pas |
|---|---|---|
| Première | Nom, ville, langues, deux exemples | Une biographie |
| Deuxième | Catégories filmées, formats livrés | Une liste de logiciels |
| Troisième | Fourchette de prix, délai, droits | Un tarif sans périmètre |
Ce qui se met à jour
Le meilleur exemple, la fourchette de prix, la langue ajoutée, la date de mise à jour.
Ce qui se vérifie avant l'envoi
Que le lien s'ouvre sur téléphone, que rien ne pèse plus que nécessaire, et que le nom du fichier porte le vôtre.
Le rythme de mise à jour
Tous les trois mois, remplacez la pièce la plus ancienne par la plus récente et relisez vos montants. Un portfolio qui progresse sans que le prix bouge est un portfolio qui vous coûte de l'argent, et un kit identique depuis un an raconte surtout que rien n'a changé de votre côté.



