Un message arrive. « Bonjour, nous aimerions travailler avec vous sur notre nouvelle gamme, quels sont vos tarifs ? » Il n'y a ni produit nommé, ni date, ni volume, ni usage. Et la tentation est de répondre par un chiffre, parce que c'est la seule question posée.
C'est le moment où beaucoup de commandes se perdent, dans les deux sens : celles qu'on chiffre trop bas parce qu'on a deviné le besoin, et celles qu'on fait fuir avec un montant sorti sans contexte. Répondre à une demande entrante est un exercice à part, différent du démarchage et différent de la négociation.
Ce qu'une première demande ne dit jamais
Cinq informations manquent presque systématiquement, et ce sont exactement les cinq dont dépend le prix.
Ce que la marque veut filmer, précisément, produit et angle. Combien de vidéos, et en combien de formats. Où elles seront diffusées, et notamment si elles passeront en publicité payante. Pendant combien de temps. Et pour quelle date de livraison.
Aucune de ces absences n'est un mauvais signe : la personne qui écrit n'a souvent pas encore arbitré. Le rôle du créateur n'est pas de deviner à sa place, c'est de lui donner la grille qui l'aide à trancher.
Les questions à renvoyer, et dans quel ordre
L'ordre compte, parce que la première question fait déjà le tri entre une demande sérieuse et une intention vague.
- De quel produit s'agit-il, et qu'est-ce que la vidéo doit faire comprendre en priorité ?
- Combien de vidéos, dans quels formats, et faut-il des déclinaisons ?
- Où seront-elles diffusées, et la diffusion payante est-elle prévue ?
- Pendant combien de temps la marque souhaite-t-elle les utiliser, et sur quels marchés ?
- Quelle est la date de livraison visée, et qui valide côté marque ?
Cinq questions, un seul message, aucune mention de prix. Une demande qui ne reçoit pas de réponse à ce message n'en aurait pas davantage reçu après un devis. Une demande qui y répond point par point est, dans la grande majorité des cas, une commande.
La cinquième question est celle que les créateurs suppriment, et c'est la plus rentable. Savoir qui valide vous dit combien d'allers-retours vous attendent, donc combien de temps la mission va réellement coûter.
Savoir qui vous écrit
La réponse change selon l'émetteur, et l'émetteur se reconnaît en deux lignes.
La marque en direct
L'interlocuteur parle du produit, pas du dispositif. Il décide vite, il change d'avis vite aussi, et il ignore souvent les questions de droits d'usage parce que personne ne les lui a posées. C'est avec lui que votre grille de questions apporte le plus.
L'agence
Le vocabulaire change : brief, dispositif, livrable, validation client. L'agence sait ce qu'elle achète, elle a un budget déjà cadré et un calendrier contraint. La relation avec les agences a ses propres règles, traitées dans travailler avec les agences UGC en France. Ce qui compte ici est plus simple : identifier qu'il y a un client derrière, donc une validation de plus.
Le tiers dont le rôle n'est pas clair
Un intermédiaire écrit au nom d'une marque sans dire à quel titre. Ce n'est pas suspect en soi, mais cela se demande dès le premier message, avant d'investir du temps dans un chiffrage.
Passer du message au devis
En France, un devis n'est obligatoire que pour une liste d'activités précise, où la production de contenu ne figure pas. Personne ne vous en réclamera un.
C'est justement pour cela qu'en envoyer un vous distingue. Un devis transforme une conversation en proposition datée, chiffrée et bornée, que votre interlocuteur peut faire circuler en interne sans avoir à la reformuler. Un message de chat ne circule pas.
Ce que le devis porte
Votre identité et votre numéro d'entreprise, l'objet décrit dans les termes de la marque, la quantité et les formats, la fenêtre d'usage prévue, le délai de livraison, le prix, une durée de validité, et la mention de TVA correspondant à votre situation, expliquée dans le guide de la franchise en base.
La durée de validité est le détail le plus utile et le plus souvent omis. Trente jours suffisent. Sans elle, un devis chiffré en février revient signé en septembre, avec un prix que vous ne pratiquez plus.
Un devis accepté par écrit engage les deux parties sur ce qu'il décrit. Cela ne veut pas dire qu'il remplace un contrat : ce qui touche à la cession des droits, à l'image, aux pénalités ou à l'exclusivité demande une rédaction propre, et les droits et contrats du créateur UGC en France traitent ce terrain. Le devis cadre la commande, le contrat cadre les droits.
Les demandes auxquelles on ne répond pas tout de suite
Trois profils méritent une pause avant toute réponse chiffrée.
La proposition en échange du produit seul. Elle n'est pas absurde pour un créateur qui démarre et qui veut une pièce de portfolio, mais elle se décide, elle ne se subit pas. L'objection habituelle est qu'un refus ferme la porte : en pratique, une marque qui a un budget le trouve quand la réponse explique ce qu'elle obtient contre paiement.
L'urgence sans brief. « Il nous faudrait ça pour après-demain » sans document est rarement un vrai calendrier, c'est un dossier mal préparé. Accepter revient à absorber cette désorganisation dans vos nuits.
Et la demande qui exige un devis détaillé avant tout échange, parfois pour faire jouer la concurrence sur une prestation qui n'existe pas encore. Un chiffrage se donne, mais après les cinq questions, pas avant.
Le délai de réponse, et ce qu'il coûte
Une demande entrante a une durée de vie courte. La personne qui écrit contacte en général plusieurs profils le même jour, et la première réponse structurée oriente sa décision, parfois avant même d'avoir lu les autres.
Répondre dans la journée ouvrée est un avantage réel, et il ne demande ni disponibilité permanente ni réponse complète. Un message court qui accuse réception, pose les cinq questions et annonce le délai de retour tient en trois lignes et occupe la place.
Ce qui coûte cher, ce n'est pas de répondre tard, c'est de répondre tard avec une réponse parfaite.
Sources
Vérifié le 11 septembre 2026. Ce guide n'est pas un conseil juridique. En cas de désaccord entre ce guide et la source officielle, la source fait foi.



