Un script UGC n'a rien d'un script publicitaire. Pas de voix off impeccable, pas de phrase de clôture solennelle : quelqu'un qui parle comme les gens parlent, et qui arrive au fait avant que le pouce ne bouge.
En Espagne, une contrainte matérielle s'ajoute et elle se mesure : la langue prend de la place.
Un script traduit déborde toujours
Une idée écrite en anglais s'allonge en passant à l'espagnol. Les tournures y sont plus longues, les mots plus étendus, et la phrase qui tenait en huit secondes en demande onze une fois prononcée.
La conséquence est concrète. Un brief international qui demande trente secondes avec un script traduit produit une pièce de quarante, que le montage doit ensuite amputer. On coupe alors ce qui devait rester : la preuve, ou la sortie.
La règle pratique : écrivez le script directement en espagnol, jamais en traduisant. Et calibrez à l'oral, pas au nombre de signes. Lisez à voix haute, chronomètre en main, avant de tourner. Si vous dépassez, retirez une idée entière plutôt que de raccourcir chaque phrase, sinon vous obtenez un texte dense que personne ne suit.
Les trois premières secondes
N'ouvrez pas par une formule de présentation. Elle annonce une publicité et perd la moitié de l'audience avant le verbe.
Entrez par le problème, le résultat ou la contradiction. Ces trois ouvertures ont un point commun : elles commencent au milieu d'une histoire déjà en cours, et le spectateur reste pour connaître la suite.
En espagnol, faites en plus attention à la première syllabe. Une ouverture qui commence par un mot long fait perdre une demi-seconde avant que le sens n'arrive. Commencez par le mot qui porte l'information.
La structure qui tient
Accroche, situation, preuve, sortie. Quinze à trente secondes en tout, mesurées à l'oral.
La situation tient en une phrase qui vous place : qui vous êtes et pourquoi ce problème vous concerne. La preuve est ce qui se voit, pas ce qui s'affirme. La sortie est une action, pas un au revoir.
Écrivez trois accroches, pas une
C'est ce qui sépare un créateur d'un fournisseur de vidéos. Pour un même produit, livrez trois ouvertures : une émotionnelle, une rationnelle, une qui divise un peu.
Cela justifie un tarif plus élevé, et surtout cela donne à la marque de quoi optimiser. Sur un marché où beaucoup de commandes passent par un intermédiaire qui doit montrer des résultats, livrer de quoi tester vaut plus qu'une belle pièce unique.
Ce qu'il faut retirer avant de tourner
Les adjectifs qui ne décrivent rien. Les phrases de plus de deux lignes, qui ne se disent pas à l'oral. Les caractéristiques techniques que personne n'a demandées. Et toute promesse de résultat que vous ne pourriez pas tenir, qui expose la marque avec vous.
Si la vidéo doit aussi servir en Amérique latine, retirez également les expressions trop marquées : elles sont comprises, mais elles situent la vidéo, et une marque qui diffuse des deux côtés préfère une version qui voyage.
Les sous-titres font partie du script
Une part importante du public regarde sans le son, et lit donc votre texte avant de l'entendre. Écrivez en pensant à l'écran : phrases courtes, une idée par ligne, et le mot qui porte le sens placé au début.
Ce que contient un script de trente secondes
| Bloc | Nombre de mots | Rôle |
|---|---|---|
| Accroche | 8 à 12 | Retenir |
| Preuve | 25 à 35 | Convaincre |
| Conclusion | 8 à 12 | Faire agir |
Ce qui se coupe sans rien perdre
Les formules de politesse, les précisions techniques, les adjectifs et tout ce qui répète l'image.
Ce qui se relit à voix haute
Le script entier, une fois : ce qui ne se dit pas en une respiration ne se dira pas devant la caméra.
Comment s'entraîner sans matériel
Prenez trois vidéos qui ont arrêté votre défilement cette semaine et transcrivez leurs cinq premières secondes, mot pour mot. Faites-le pendant un mois.
Vous obtiendrez une banque d'ouvertures qui ont fonctionné sur vous, dans votre langue et devant votre public. Aucun modèle générique ne donne cela.
L'espagnol d'Espagne n'est pas l'espagnol neutre
Une accroche écrite pour un public latino-américain se repère ici en trois mots, et le spectateur décroche avant d'avoir compris pourquoi.
Ce qui trahit une accroche écrite pour un autre marché
Le vocabulaire du quotidien change de côté de l'Atlantique : on dit móvil et non celular, ordenador et non computadora, zumo et non jugo. Le tutoiement direct passe partout en Espagne, alors qu'une formule de politesse trop appuyée sonne comme une traduction. Et une accroche qui annonce un prix dans une autre devise se disqualifie en une seconde, même si l'offre est bonne. La règle de relecture tient en une question : est-ce qu'une personne de Madrid dirait cette phrase à voix haute, exactement comme elle est écrite.
Sources
- Agencia Tributaria, administration fiscale espagnole
- Sécurité sociale espagnole, affiliation des indépendants (RETA)
Vérifié le 4 septembre 2026. Les seuils et les taux changent : en cas de désaccord entre ce guide et la source officielle, c'est la source officielle qui fait foi.



