Vivre de l'UGC en France est possible, et le marché est assez mûr pour le permettre. Mais le calcul comporte deux chiffres que la plupart oublient, et qui expliquent la majorité des abandons.

Le calcul complet

Déterminez ce qu'il vous faut par mois pour vivre. Ajoutez ensuite les cotisations sociales, prélevées sur le chiffre d'affaires encaissé et non sur le bénéfice, puis un matelas pour les mois creux.

Cet ensemble ajoute en général entre trente et quarante pour cent au chiffre initial. S'il vous faut mille huit cents euros nets, votre objectif réel de chiffre d'affaires tourne autour de deux mille cinq cents.

À un prix moyen de deux cent cinquante euros la vidéo, cela fait dix pièces par mois. Les produire n'est pas le problème ; les vendre tous les mois, si.

La règle des clients récurrents

Un créateur qui vit de cela n'a pas dix clients différents par mois. Il en a trois ou quatre qui prennent chacun deux ou trois pièces.

C'est le véritable seuil : trois ou quatre clients récurrents avec un forfait mensuel. Avec cela, la base est couverte avant le début du mois.

Le seuil de TVA, le chiffre qu'on oublie

Tant que vous restez sous le seuil de la franchise en base, vous facturez sans TVA. Le jour où vous le franchissez, vos prix affichés deviennent mécaniquement plus chers pour les clients qui ne récupèrent pas la TVA, et votre gestion se complique.

Ce n'est pas une raison de rester petit : c'est une raison de l'anticiper. Beaucoup de créateurs découvrent le seuil en novembre, après l'avoir dépassé, et passent la fin d'année à régulariser.

Surveillez votre cumul dès le mois de juin.

Quand ne pas encore démissionner

  • Si vous n'avez pas au moins trois mois de dépenses de côté.
  • Si vos revenus UGC n'ont pas couvert votre plancher trois mois d'affilée.
  • Si plus de la moitié de votre chiffre vient d'un seul client, ou d'une seule agence.
  • Si vous n'avez jamais connu un mauvais mois.

Le chemin sain en France est presque toujours hybride : garder son emploi, produire le soir et le week-end, et passer à plein temps quand le revenu parallèle égale le salaire pendant un trimestre.

Les creux prévisibles

Août est mort en France, et janvier démarre lentement. Décembre est chargé parce que les marques produisent pour les fêtes et les soldes.

Le créateur qui vend ses forfaits en septembre traverse l'hiver ; celui qui attend janvier le subit.

Pour aller plus loin

Vivre de l'UGC découle d'une vente méthodique, pas d'une production accrue. Notre guide sur comment devenir créateur UGC couvre cette base.