La réponse la plus fréquente à un e-mail de prospection, c'est rien.
Rien est aussi la seule réponse qui ne dit jamais pourquoi. Un non vous apprend quelque chose. Le silence vous laisse supposer que votre portfolio était faible, votre prix mauvais, votre timing raté, et en Belgique ce n'est fréquemment aucun des trois. C'est que l'e-mail est arrivé dans une langue que la personne n'utilise pas pour travailler, et qu'elle est passée à autre chose sans s'être jamais fait une opinion sur vous.
Le silence a une cause à vérifier avant de tout réécrire
La Belgique fonctionne en néerlandais et en français, avec une communauté germanophone à l'est, et tout le monde sait cela. Ce qui piège les créateurs, c'est la deuxième couche : la langue dans laquelle une entreprise travaille et celle dans laquelle elle vend sont deux variables distinctes, et elles se séparent constamment.
La langue de travail n'est pas le code postal
Une entreprise gantoise dont l'équipe marketing fonctionne en anglais. Une entreprise bruxelloise dont la langue interne est le néerlandais. Un fabricant wallon dont le patron traite en néerlandais parce que c'est là que sont les clients. Aucun de ces cas n'est rare, et aucun ne se devine depuis une adresse.
La carte que vous avez en tête est donc un mauvais instrument. Les surfaces publiques de l'entreprise en sont un bon.
L'anglais est une troisième option, pas un compromis
Écrire en anglais n'est pas une façon d'éviter de choisir. C'est un choix en soi, et il fonctionne dans une situation précise : quand l'entreprise opère déjà en anglais, ce qui en Belgique désigne le plus souvent le bureau d'un groupe international, une scale-up, ou une équipe assemblée depuis plusieurs pays.
Envoyé à une entreprise locale qui tourne en néerlandais ou en français, l'anglais ne se lit pas comme neutre. Il se lit comme quelqu'un qui n'a pas vérifié, c'est-à-dire le même signal qu'un publipostage.
Celui qui lit n'est pas forcément celui qui achète
Dans une filiale, la personne qui vous répond ne peut souvent pas vous valider. Ce n'est pas une raison de la sauter, c'est une raison d'écrire quelque chose qu'elle puisse transférer. Un message qui survit au copier-coller dans un fil interne vaut ici plus qu'une accroche maligne, parce que le deuxième lecteur arrive sans contexte et n'a que vos mots.
Lire la langue avant d'écrire
| Ce que vous pouvez observer | Ce que cela indique | Écrire en |
|---|---|---|
| Le site s'ouvre en néerlandais, le français est derrière un sélecteur | Une entreprise néerlandophone d'abord, qui sert les deux marchés | Néerlandais |
| Les deux langues à égalité, l'anglais réservé aux investisseurs | Une entreprise locale, bilingue par obligation | La langue d'ouverture du site |
| Le site n'existe qu'en anglais, adresse à Bruxelles | Un bureau régional ou européen | Anglais |
| Les offres d'emploi exigent le néerlandais, l'équipe poste en anglais | L'équipe travaille en anglais, le marché est servi en néerlandais | Anglais à la personne, néerlandais pour le contenu |
| Emballages en deux langues, LinkedIn en une | L'équipe travaille dans une langue, le marché en reçoit deux | La langue de l'équipe |
La dernière ligne est celle qui fait gagner le plus de temps. L'emballage renseigne sur le marché et ne dit rien de la personne qui lit votre e-mail, et les créateurs confondent les deux en permanence.
Où sont réellement les listes
La Belgique est assez petite pour que les bases de données génériques y soient maigres, et les listes spécifiques y sont exceptionnellement bonnes. Les fédérations sectorielles publient leurs membres. Les agences régionales d'entreprise et d'exportation publient des annuaires. Les chaînes de distribution affichent leurs fournisseurs en rayon, ce qui est un annuaire avec photographies. Les salons professionnels publient la liste des exposants des mois à l'avance, et une liste d'exposants est une liste d'entreprises qui ont déjà budgété pour être vues.
Rien de tout cela n'est acheté ni aspiré. C'est public, à jour, et assez précis pour que la première ligne de votre e-mail nomme quelque chose de vrai sur l'entreprise.
Quand vous ne pouvez pas trancher
Écrivez dans la langue de la page d'accueil et ajoutez une ligne qui propose l'autre. Pas une excuse, une offre : vous livrez en néerlandais et en français, qu'ils vous disent ce dont ils ont besoin. Cette phrase fait deux choses à la fois. Elle répond à la question qu'ils allaient poser, et elle indique que vous savez que le pays a deux réponses, ce qui est l'essentiel de ce qu'un client belge cherche à établir avant de prendre quelqu'un au sérieux.
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Questions fréquentes
Faut-il tout écrire en anglais par sécurité ?
Seulement si l'entreprise travaille déjà en anglais. Envoyé à une société locale néerlandophone ou francophone, l'anglais se lit comme quelqu'un qui n'a pas vérifié, pas comme un terrain neutre.
Je ne parle qu'une des deux langues. Est-ce un problème ?
Non, cela restreint votre marché sans le fermer. Dites clairement dans quelle langue vous livrez et prospectez dedans. Prétendre couvrir les deux puis sous-traiter mal la seconde, voilà ce qui coûte réellement des clients.
Où trouver des entreprises belges à qui écrire ?
Les listes de membres des fédérations sectorielles, les annuaires des agences régionales d'entreprise et d'exportation, et les listes d'exposants des salons. Tout est public, à jour, et assez précis pour écrire une première ligne vraie.
Pourquoi mon e-mail ne reçoit-il aucune réponse plutôt qu'un non ?
Souvent parce qu'il n'a jamais été lu comme leur étant adressé. La langue est le premier filtre, et il agit avant que quiconque se fasse une opinion sur votre travail.