Depuis la plupart de la Belgique, on est dans un autre pays avant midi, et depuis un ordinateur on y est instantanément.
C'est l'avantage commercial le plus concret du travail ici, et il est presque entièrement inexploité. Les créateurs belges traitent les marchés voisins comme un endroit où ils s'étendront peut-être un jour, alors qu'en pratique ils sont plus proches que la moitié de la Belgique et parlent, dans deux directions, la langue dans laquelle le créateur travaille déjà.
Si c'est inexploité, ce n'est pas par peur. C'est que la première tentative se passe en général mal, pour une raison dont personne ne les a prévenus.
Ce qui change réellement à la frontière
Pas la langue, dans la plupart des cas, et c'est précisément ce qui rend la chose trompeuse.
Le prix n'est pas votre prix
Les tarifs pour un même travail se fixent sur des attentes locales, et ces attentes ne cessent pas d'être locales parce que vous avez franchi un trait sur une carte.
Annoncez votre tarif belge à une marque d'un marché où le niveau courant est différent et il se produit l'une de deux choses. Soit vous êtes sous la norme locale et vous avez laissé de l'argent sur la table pour une mission que vous auriez décrochée de toute façon, soit vous êtes au-dessus et vous avez été écarté sans bruit par quelqu'un qui n'expliquera pas que le nombre était le problème.
La parade n'est pas de deviner. C'est de cesser d'ouvrir par un chiffre. Demandez ce qu'ils ont budgété pour la pièce, ou ce qu'ils ont payé pour un travail comparable, avant d'annoncer quoi que ce soit. Cette question est normale partout, elle ne coûte rien, et dans une conversation transfrontalière c'est la phrase la plus rentable que vous puissiez envoyer.
Les papiers changent de forme
Facturer une entreprise d'un autre pays de l'Union ne se fait pas comme facturer chez soi, et les détails ne sont pas à reconstituer depuis un article de blog ou un fil de forum.
Ce qui compte en pratique, c'est que le problème est résolu, qu'il se configure une fois, et que votre comptable le règle en une conversation. Il vous faut les données d'entreprise du client avant de facturer et non après, il vous faut savoir quoi inscrire sur la facture, et ces deux choses se règlent plus facilement avant le travail que pendant la semaine où vous voulez être payé.
Le guichet d'entreprises et votre comptable sont les bonnes sources ici, et cela vaut la peine d'être fait avant la première mission étrangère plutôt qu'au milieu.
| Ce que vous croyez exportable | Ce qui change vraiment | Quoi vérifier avant de chiffrer |
|---|---|---|
| Votre tarif | Les attentes locales de prix diffèrent | Demander leur budget avant d'annoncer le vôtre |
| Votre modèle de facture | La facturation transfrontalière diffère | Demander au comptable, une fois |
| Vos délais de livraison | Rien, cela s'exporte réellement | Rien |
| Vos conditions d'exploitation | Les usages diffèrent selon le marché | Annoncer votre durée plutôt que supposer la leur |
| Votre langue | Souvent rien, et c'est le piège | Que l'accent et les mots collent à leur public |
La dernière ligne est celle qui attrape. Un créateur belge francophone et une marque française partagent une langue et ne partagent pas toutes les références, et une vidéo qui emploie le mauvais mot courant pour un supermarché ou une carte bancaire se lit comme légèrement étrangère d'une manière que personne ne prendra la peine de vous expliquer.
L'avantage que personne n'utilise
Voici la partie sur laquelle agir, parce qu'elle renverse le désavantage habituel d'être petit.
Vous êtes déjà l'option locale
Une marque d'un marché voisin qui veut du contenu dans sa langue choisit entre des créateurs locaux et du contenu importé qui s'entend importé. Vous n'êtes ni l'un ni l'autre.
Vous travaillez dans la langue nativement, vous êtes dans le même fuseau, vous pouvez être physiquement présent le jour même si la mission l'exige, et vous êtes hors du vivier local que tout le monde utilise déjà dans ce marché. Pour une marque lassée de voir les mêmes visages, ce dernier point vaut plus que les créateurs ne l'imaginent.
Rien de tout cela n'est évident pour l'acheteur. Une adresse belge sur un profil se lit comme étrangère tant que personne ne dit le contraire, alors dites le contraire. Une ligne indiquant que vous livrez nativement dans la langue et que vous pouvez être sur place en quelques heures transforme un prestataire étranger en prestataire local dans la tête de l'acheteur, et c'est la chose la moins chère que vous écrirez jamais.
Quoi régler avant la première facture étrangère
Trois choses, aucune longue, et toutes pénibles à régler après coup.
Demandez à votre comptable comment facturer une entreprise d'un autre pays de l'Union, et obtenez la réponse par écrit pour la réutiliser. Décidez vos conditions d'exploitation à l'avance, pour ne pas les improviser face à des attentes que vous ne connaissez pas. Et écrivez dès maintenant la ligne sur l'option native et disponible le jour même dans votre profil, plutôt que dans le message où vous négociez aussi un prix.
Puis traitez la première mission étrangère comme une version légèrement plus lente d'une mission ordinaire. Ce n'est pas un autre métier, c'est le même avec deux champs de plus sur la facture.
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Questions fréquentes
Faut-il s'immatriculer à l'étranger ?
En général non pour facturer depuis la Belgique un travail fait depuis la Belgique, mais votre situation peut différer et c'est exactement la question à poser à un comptable plutôt qu'à un moteur de recherche.
Faut-il facturer plus cher les clients étrangers ?
Facturez ce que facture le marché, ce qui peut être plus ou moins que chez vous. Tout l'intérêt de demander leur budget d'abord est de le découvrir sans vous engager sur l'un ou l'autre.
Et s'ils veulent que je me déplace ?
Facturez le déplacement en ligne séparée, en comptant le temps et pas seulement le billet. Une journée dans une autre ville est une journée où vous ne filmez rien d'autre, et les créateurs oublient systématiquement de le dire.
Cela vaut-il dans une langue que je ne possède qu'à moitié ?
Non, et c'est le seul endroit où la frontière devient une vraie barrière. Livrez nativement ou livrez en muet, et il existe du travail payé et honnête dans les deux cas.