La plupart des contrats UGC font deux pages. Deux lignes y fixent ce que le travail vous rapportera, et aucune des deux n'est celle du tarif.
La première : ce que devient l'image
Cession et licence ne sont pas le même mot
Une licence vous laisse propriétaire et autorise un usage défini. Une cession transfère les droits, et vous ne pouvez plus disposer librement de votre propre vidéo, parfois même pas la montrer dans votre portfolio. Les deux se pratiquent, les deux peuvent se justifier, mais elles n'ont pas le même prix, et la confusion coûte cher parce qu'elle se découvre après signature. La qualification exacte dépend du contrat et du droit applicable, ce qui se vérifie avec un juriste.
La ligne sur les droits moraux
Beaucoup de contrats britanniques comportent une renonciation aux droits moraux. Concrètement, cela peut permettre de modifier votre vidéo, de la recadrer, de la remonter, de changer la voix ou de retirer votre nom. Ce n'est pas nécessairement abusif, mais cela doit être vu, compris et pris en compte dans le prix, et son effet exact se vérifie avec un juriste avant signature.
La seconde : l'exclusivité
Gratuite pour eux, chère pour vous
L'exclusivité vous interdit de travailler avec des marques d'une catégorie donnée pendant une période donnée. Elle est presque toujours demandée sans contrepartie, et elle est presque toujours la clause la plus coûteuse du contrat, parce qu'elle ne vous prive pas d'une mission mais de toutes celles de la catégorie, y compris celles que vous n'avez pas encore reçues. Elle ne devient acceptable qu'à trois conditions cumulatives : une durée courte et écrite, un périmètre précis qui nomme la catégorie plutôt que le secteur entier, et un montant identifié séparément du prix de production.
Les trois mots qui changent tout
Six formulations à repérer, parce qu'elles déplacent la frontière sans en avoir l'air.
Le mot compris, qui étend un usage sans le nommer.
Le mot similaire, qui ouvre la porte à des supports non listés.
Le mot mondial, à distinguer du territoire réellement exploité.
Le mot médias, qui recouvre souvent bien plus que les réseaux sociaux.
Le mot dérivés, qui autorise à fabriquer de nouvelles vidéos à partir de la vôtre.
Et l'expression et tout autre usage, qui annule en cinq mots la liste qui précède.
Ce qui manque le plus souvent
Six éléments absents des contrats et qui devraient y figurer.
La date de fin de la licence, traitée plus haut.
Le nombre de séries de corrections comprises dans le prix.
Le délai de paiement, avec ce qui se passe en cas de retard.
Le sort des rushes non montés, souvent réutilisés sans que ce soit prévu.
Le droit de montrer le travail dans votre portfolio, à demander explicitement.
Et la personne à contacter côté marque, absence qui coûte des semaines quand un problème survient.
Quoi demander
Sept demandes raisonnables, formulées simplement.
Une date de fin, ou à défaut une durée en mois.
La liste fermée des supports où la vidéo sera diffusée.
Le territoire réel, plutôt qu'une formule couvrant le monde par défaut.
Un prix distinct pour la production et pour les droits.
Un prix distinct pour l'exclusivité, si elle est demandée.
Le droit de conserver la vidéo dans votre portfolio.
Et un renouvellement chiffré à l'avance, plutôt qu'une renégociation dans un an.
Comment le dire sans perdre la mission
Six formulations qui fonctionnent avec un acheteur professionnel.
Demander plutôt qu'exiger : ce contrat prévoit-il une date de fin.
Proposer une alternative chiffrée à chaque objection, jamais un refus sec.
Traiter les droits comme un poste normal du devis, ce qu'ils sont.
Rappeler que la clarté protège aussi la marque en cas d'audit.
Répondre dans les vingt-quatre heures, la lenteur étant plus coûteuse que la négociation.
Et accepter que certaines marques ne bougeront pas, ce qui est une information et non un échec.
Les clauses qui décident du prix réel
| La clause | Ce qu'elle change | Ce qu'il faut y lire |
|---|---|---|
| L'étendue des droits | Le prix de la prestation | Supports, territoire, durée |
| L'exclusivité | La possibilité de travailler ailleurs | Le secteur et la durée |
| Les révisions | Le temps de travail réel | Le nombre inclus |
| Le paiement | La trésorerie | Le délai et le déclencheur |
Ce qui se négocie le plus mal après signature
La durée des droits. Une fois la vidéo diffusée et performante, la marque n'a plus aucune raison de payer une extension, alors que le créateur n'a plus aucun levier.
Ce qui se relit systématiquement
Le renouvellement automatique et la sous-licence à des tiers. Deux lignes discrètes qui transforment une cession de trois mois en cession permanente, à confirmer avec un juriste avant de signer.
Quand accepter quand même
Cinq situations où signer reste rationnel.
Quand le montant compense réellement la durée demandée, calcul fait et écrit.
Quand la marque est une référence qui ouvre d'autres portes, à condition de garder le droit portfolio.
Quand l'exclusivité porte sur une catégorie où vous ne travaillez pas.
Quand la durée est courte, même si la formulation est large.
Et quand vous avez la place dans votre calendrier, une clause coûteuse sur une période creuse coûtant moins qu'une place vide.
Un dernier repère : un contrat UGC ne se juge pas sur son ton mais sur deux lignes, ce que devient l'image et ce que vous n'avez plus le droit de faire ensuite. Ces éléments d'information générale ne remplacent pas l'avis d'un juriste, et pour toute mission dont le montant ou la durée sont significatifs, la relecture professionnelle coûte toujours moins cher que la clause qu'on n'a pas vue.
Sources
Vérifié le 27 août 2026. Les seuils et les taux changent : en cas de désaccord entre ce guide et la source officielle, c'est la source officielle qui fait foi.



