Votre meilleure vidéo du mois dernier a probablement été vue surtout par des gens qui ne peuvent pas acheter chez vous.

Ce n'est l'erreur de ciblage de personne. En Belgique, c'est l'état de repos du système, et c'est la raison pour laquelle tant de marques belges ont une campagne qui a l'air d'avoir marché et une semaine de ventes qui dit le contraire.

Pourquoi les campagnes belges débordent par défaut

Deux forces poussent l'audience vers l'extérieur, et aucune n'est sous votre contrôle.

Votre langue n'est pas votre marché

Un contenu néerlandophone prolonge une audience bien plus vaste au nord. Un contenu francophone en prolonge une bien plus vaste au sud. Aucune de ces frontières n'existe à l'intérieur d'un fil.

Tous les marchés européens connaissent une version de ce problème. La Belgique en connaît la version la plus forte, parce que cela se produit des deux côtés à la fois et que dans les deux directions le réservoir voisin est plus grand que le réservoir national. Une vidéo qui ne fait rien pour dire d'où elle vient trouvera le plus grand réservoir, à chaque fois.

Les plateformes aggravent le phénomène, elles ne le corrigent pas

C'est la partie que les marques sous-estiment. L'optimisation par centres d'intérêt et par audiences similaires cherche davantage de gens comme ceux qui réagissent déjà, et elle se moque du pays où ils sont tant que vous ne le lui avez pas fait remarquer.

Le mécanisme est indifférent, pas malveillant. Il voit un temps de visionnage élevé dans un groupe, donc il va chercher davantage de ce groupe. Si l'essentiel du groupe se trouve de l'autre côté de la frontière, le système continuera d'y dépenser votre argent en vous remontant d'excellents chiffres.

Le ciblage géographique aide et ne règle rien. La diffusion organique du même asset, les repartages et l'audience propre du créateur sont tous hors de ce réglage.

Ce que cela fait à vos chiffres

Le dommage n'est pas que cette portée soit perdue. C'est qu'elle soit comptée.

Les trois lectures qui trompent

Le taux de visionnage cesse d'être un signal de qualité. Une vidéo peut parfaitement retenir l'attention chez des spectateurs qui n'ont aucun moyen d'agir, et vous lirez cela comme une créa qui fonctionne.

Le coût par vue baisse, ce qui ressemble à de l'efficacité, parce que l'enchère est moins chère là où vous ne vouliez pas être. Le ton des commentaires devient chaleureux et vague, parce que des gens qui ne peuvent pas acheter n'ont aucune raison de poser la seule question difficile que pose un vrai client, qui porte presque toujours sur la livraison, le prix dans leur monnaie, ou l'endroit où trouver le produit près de chez eux.

Résultat : une campagne qui passe toutes les revues internes et ne déplace rien en caisse.

Le test qui les sépare

Avant de juger une créa, regardez ce que demandent les commentaires.

Les acheteurs locaux posent des questions de logistique. Les spectateurs étrangers posent des questions de goût. Si votre section de commentaires n'est que compliments et que personne n'a demandé si vous livrez dans sa commune, vous regardez une audience, pas un marché.

Filtrez par le contenu, pas seulement par les réglages

Le geste utile est de mettre la frontière à l'intérieur de la vidéo, pour que le filtrage se fasse avant que la plateforme ait voix au chapitre.

Ce qui fait s'auto-sélectionner, et ce qui ne fait rien

Un accent local fait une partie du travail, mais pas beaucoup, parce que l'audience voisine le comprend parfaitement. Ce qui trie vraiment, c'est le détail local précis et vérifiable : où le produit est vendu, quelle est la promesse de livraison ici, le prix présenté tel qu'il apparaît sur un rayon belge ou une page de paiement belge.

Ces détails ne se lisent pas comme une exclusion pour un spectateur belge. Ils se lisent comme une marque qui existe. Pour un spectateur d'en face, ils se lisent comme la réponse à une question qu'il ne posait pas, et il passe.

Signal local dans la vidéoQui décrocheCe que ça vous coûte
Nommer l'enseigne qui le vendCeux qui n'ont pas cette enseigneDe la portée dans le marché voisin
Montrer le prix tel qu'il est iciLes spectateurs d'un autre régime de prixUn peu de trafic comparateur
Une promesse de livraison en joursLes gens que vous ne livrez pasDes repartages plus lointains
Deux versions, une par communautéPersonne, si les deux existentDeux briefs au lieu d'un
Un créateur visiblement localTrès peu de spectateursPresque rien, c'est le levier bon marché

La dernière ligne est celle par laquelle commencer. Caster un créateur dont le quotidien est reconnaissablement belge ne vous coûte aucune portée et filtre davantage que n'importe quelle ligne de script.

Quand garder le débordement

Parfois la fuite est un cadeau et l'étouffer est l'erreur.

Si vous livrez réellement le marché voisin, ou si vous êtes dans une catégorie où la commande transfrontalière est banale, les spectateurs étrangers ne sont pas du bruit. Ce sont des demandes non adressées, et la bonne réponse n'est pas de les filtrer mais de les rendre adressables : une seconde page d'atterrissage, une ligne de livraison qui nomme leur pays, un créateur de ce côté-là.

La décision n'est mauvaise que lorsqu'elle est inconsciente. Une marque qui sait que la moitié de ses vues vient d'en face et a décidé de les servir mène une campagne sur deux marchés. Une marque qui l'ignore mène une campagne et lit les résultats d'une autre.

Réglez d'abord le reporting

Avant la prochaine campagne, ventilez par pays chaque métrique qui compte et regardez la colonne nationale seule.

Ce seul changement fait de la plus grande partie de cet article un non-sujet, parce que vous cessez d'optimiser contre un chiffre mélangé. Cela ne coûte rien, cela prend un après-midi, et c'est la raison pour laquelle les responsables marketing belges expérimentés sont si tranquilles face à un problème qui a l'air alarmant une fois écrit.

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Questions fréquentes

Ne suffit-il pas de restreindre le ciblage à la Belgique ?

Vous devez le faire, mais cela ne gouverne que la diffusion payante. La portée organique, les repartages et l'audience propre du créateur l'ignorent complètement, et c'est souvent là que la fuite est la plus large.

Faut-il donc des vidéos séparées par communauté linguistique ?

En payant, oui le plus souvent, et cela coûte moins cher ici qu'ailleurs puisque cela signifie deux créateurs et non deux tournages. En organique, une bonne vidéo locale par communauté vaut mieux que quatre génériques.

Comment savoir l'ampleur de la fuite ?

Ventilez par pays votre reporting existant sur les trois derniers mois. La plupart des marques qui le font pour la première fois trouvent la réponse déjà présente, et elle est en général plus grande que l'estimation qu'elles auraient donnée.

Le créateur doit-il citer la Belgique explicitement ?

Rarement. Nommer le pays sonne publicitaire. Montrer quelque chose que seul un local montrerait, un ticket, un rayon, un bon de livraison, une rue familière, fait le même travail sans s'annoncer.