Le message qui conclut neuf accords sur dix nomme un prix, une date et un nombre de vidéos. Il nomme une seule des quatre choses que vous vendez.
La licence a quatre dimensions, le prix n'en nomme qu'une
Ce que vous vendez tient en quatre questions : ce qu'ils reçoivent, où cela passe, pour combien de temps, et si vous pouvez tourner pour un concurrent. Le message habituel répond à la première et laisse les trois autres ouvertes. C'est exactement là que se perd l'argent, et c'est la seule chose à corriger.
Ce qu'ils reçoivent exactement
Six éléments à nommer, un par un.
Le nombre de vidéos montées.
La durée de chacune, et les formats livrés.
Les versions dérivées, verticale, carrée, courte.
Les photos éventuellement extraites.
Les fichiers bruts, cédés ou non.
Et les sous-titres, incrustés ou fournis à part.
Où les vidéos passent
Sept destinations, à autoriser ou à exclure.
Le compte principal de la marque.
Les comptes secondaires, par pays ou par gamme.
La publicité payante, sur chaque plateforme visée.
Le site de la marque et ses fiches produit.
Les places de marché où elle vend.
Les emails et les messages automatisés.
Et les comptes des revendeurs et distributeurs.
Pour combien de temps
Six repères pour fixer une durée qui tient.
Trois mois pour un test, rarement moins.
Six mois pour une campagne saisonnière.
Douze mois pour un usage publicitaire réel.
Une durée illimitée, seulement contre un prix qui le reflète.
Le point de départ, livraison ou première diffusion.
Et ce qui se passe à la fin, retrait ou renouvellement écrit.
Si vous pouvez tourner pour un concurrent
Six niveaux d'exclusivité, du plus léger au plus lourd.
Aucune restriction, le cas par défaut.
Une exclusivité sur le produit exact.
Une exclusivité sur la sous-catégorie.
Une exclusivité sur la catégorie entière.
Une exclusivité limitée dans le temps, trois ou six mois.
Et une exclusivité géographique, plus rare et plus chère.
Ce que le silence offre
Le silence ne protège jamais celui qui livre. En l'absence de mention écrite, chacun applique sa propre interprétation, et la partie qui diffuse est celle qui décide en pratique. La correction ne demande pas un contrat de dix pages : trois lignes dans le message suffisent à transformer une zone grise en accord clair.
Trois lignes à ajouter au message que vous alliez envoyer
Trois phrases, à copier telles quelles.
Cette livraison couvre les comptes que vous m'avez nommés, en organique.
La licence court douze mois à partir de la livraison, renouvelable par écrit.
La publicité payante et l'exclusivité de catégorie sont possibles, chiffrées à part.
Quand ils disent que c'est juste pour les réseaux
Six réponses courtes, à choisir selon le ton de l'échange.
Demander quels comptes exactement, et les faire nommer.
Demander si une mise en avant payante est envisagée.
Proposer une durée courte, quitte à renouveler.
Proposer le prix avec et sans publicité, dans le même message.
Accepter l'organique seul, mais l'écrire.
Et rappeler que la seconde utilisation se renégocie, sans en faire un conflit.
Comment chiffrer chaque dimension
Sept repères de tarification, à adapter à votre marché.
Le prix de base couvre la production et l'organique.
La publicité payante se facture en pourcentage du prix de base.
Chaque plateforme supplémentaire ajoute une part.
La durée au delà de douze mois se facture par tranche.
L'exclusivité de catégorie est la ligne la plus chère.
Les fichiers bruts se facturent à part, s'ils sont cédés.
Et toute demande arrivée après livraison se traite comme une nouvelle vente.
Le message d'un an plus tard
Six raisons pour lesquelles ce message est l'argent le plus facile de l'année.
La vidéo a fait ses preuves, la marque le sait.
Il n'y a rien à tourner ni à monter.
La négociation porte sur un seul point, la durée.
Le contact existe déjà, aucune prospection.
Le prix se compare à celui d'une nouvelle production.
Et le refus ne coûte rien, la licence expire de toute façon.
Ce qu'il faut écrire quand la durée expire
Six lignes, envoyées sans agressivité.
Rappeler la date de fin, telle qu'elle figure dans l'accord.
Indiquer ce qui doit être retiré, support par support.
Proposer un renouvellement, avec un prix.
Proposer une nouvelle production, si la vidéo est usée.
Fixer une date de réponse.
Et garder une copie de l'échange, quel qu'en soit l'issue.
Les mots à bannir de vos messages
Six formulations qui créent la zone grise.
Juste pour les réseaux, sans liste de comptes.
Un usage interne, terme qui ne veut rien dire.
Une durée raisonnable, sans nombre de mois.
Un usage classique du secteur, jamais défini.
Une réutilisation éventuelle, ni chiffrée ni bornée.
Et une exclusivité de bon sens, qui n'existe pas par écrit.
Ce qu'il ne faut jamais céder
Six lignes à refuser, ou à faire payer très cher.
Une cession totale et définitive de tous les droits.
Un usage illimité dans le temps sans contrepartie.
Le droit de modifier le contenu au point de changer son sens.
Le droit de sous-licencier à des tiers non nommés.
L'usage de votre nom et de votre image hors de la vidéo.
Et une exclusivité de catégorie sans durée ni prix.
Les quatre bornes qui définissent l'usage
| La borne | Le minimum courant | Ce qui fait grimper le prix |
|---|---|---|
| Les supports | Le compte du créateur | La publicité payante |
| Le territoire | Un pays | Plusieurs marchés |
| La durée | Trois mois | Une cession sans limite |
| L'exclusivité | Aucune | L'interdiction des concurrents |
Ce qui se passe quand ces bornes manquent
Chaque partie suppose l'inverse de l'autre, et le désaccord se découvre le jour où la vidéo apparaît en publicité. Quatre lignes au devis suppriment entièrement ce scénario.
Ce qui coûte plus cher après coup
Une extension de droits négociée sur une vidéo qui fonctionne. La marque n'a plus de raison de renoncer, le créateur n'a plus de levier, et le prix se fixe dans un rapport déséquilibré.
Le cas portugais, en pratique
Au Portugal comme ailleurs, ces éléments restent des informations générales : le régime applicable aux droits d'auteur, aux droits voisins et à l'image se vérifie avec un juriste, et le traitement fiscal avec un comptable. Ce qui relève de votre pratique quotidienne est plus simple : écrire les quatre dimensions dans le message, conserver une trace datée, et facturer chaque extension séparément.
Un dernier repère : vous ne vendez pas une vidéo, vous vendez une permission. Tant que la permission n'est pas décrite, c'est celui qui diffuse qui l'écrit à votre place.



